Paroisse Notre Dame de l'Assomption
Ham

Homélie pour La Sainte Famille (29 Décembre 2019) par le père Léon

Frères et soeurs,

Les fêtes de Noël ont été pour nous l'occasion de nous retrouver en famille. Une famille complète pour certains, mais, quels que soient nos soucis familiaux. Pendant l’eucharistie, ensemble prions pour notre famille.

L’Eglise nous invite à fêter, en ces jours de Noël, la sainte famille de Jésus, Marie et Joseph. Famille à la fois simple et extraordinaire. Cette fête nous dit l’enracinement humain de Dieu. Dieu prend le temps de vivre toutes les étapes de la vie des Hommes. Et cela nous dit l’importance de la vocation et de la mission de la famille dans toutes ses dimensions humaines et spirituelles. Dans un monde où le modèle « traditionnel » de la famille est remis en cause, nous avons à nous rappeler l’importance de sa mission et de sa vocation comme socle de notre société.

La famille est un lieu où se vit l’apprentissage de l'amour en actes et en vérité. C'est le lieu où se transmettent les valeurs essentielles à la croissance de chaque être humain afin qu'il devienne adulte.

Malheureusement, il y a beaucoup de difficultés en ce moment. La famille en Corée et en France, je pense que c’est presque pareil dans les deux pays ou dans le monde. Il y a la fragilité des couples, beaucoup de divorces, refus du mariage même civil, cohabitation sans engagement plutôt en France parce que chez nous, normalement avant le mariage le couple ne reste pas ensemble et il n’y a pas beaucoup d’enfants plutôt en Corée parce que les couples ne veulent plus d’enfants et ils ne veulent plus supporter d’élever l’enfant et il y a abandon de la pratique religieuse, confusion dans les choix éthiques…

Nous allons méditer sur les textes d’aujourd’hui pour y découvrir le sens de la famille, le sens du mariage. L’Évangile nous présente la Sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph.

Fêter la Sainte Famille, c’est se réjouir que Jésus ait pu grandir auprès de parents unis, au milieu de l’amour. C’est aussi chercher ce que nous pouvons faire pour que, dans nos familles, il y ait plus d’amour à l’intérieur, plus de foi en Dieu et plus d’amour envers les autres.

La Sainte Famille a connu des moments de joie et de tristesse. Avant la naissance de Jésus, Joseph a été bouleversé quand il a appris que sa fiancée était enceinte. Mais avec l’intervention divine, il a accepté d’accomplir la volonté divine : assumer la paternité de l’enfant Jésus. A la naissance de Jésus, Marie et Joseph sont inondés de joie : un enfant est né. Ils ont même supporté dignement la pauvreté car l’enfant est né dans une étable, sur la paille. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, la sainte famille, si merveilleusement habitée par la joie de la naissance de Jésus, va devoir continuer à faire face, elle aussi, aux soucis de bien des familles de « migrants » : déjà, il a fallu que l'enfant naisse loin de la maison ; et maintenant, c’est le déracinement, le départ rapide vers un pays inconnu parce que la vie de l'enfant est menacée. Bientôt, le retour au pays d’origine, à Nazareth, sera suivi des inquiétudes normales d’une famille pour assurer le pain quotidien, celles aussi de l’accompagnement de tout enfant qui grandit et pour comprendre le mystère qui est en lui : le moment où l’adolescent Jésus est resté au temple pour s’essayer aux premiers pas de sa mission a surpris Joseph et Marie. Plus tard, quand Jésus commencera officiellement sa mission, sa mère suivra dans l'angoisse, comme bien des mamans, les étapes d'une vie qui n’était pas le chemin qu’elle avait exactement prévu. D’une certaine manière, la mort de Jésus sur la croix sera comme un démenti de ce que Marie aura pu comprendre des paroles de l’Ange lui annonçant que son fils serait grand. Joseph et Marie, puis Marie seule au pied de la Croix, ont ainsi cheminé dans la foi en entrant peu à peu dans le mystère pascal.

En nous rappelant aujourd'hui ce qu’a vécu la « Sainte Famille », l’évangile veut nous dire que Jésus et ses parents ont assumé dans la paix et l’espérance de la foi, toutes les réalités de notre vie humaine et familiale. Leur exemple nous invite à les suivre sur un chemin où se rencontrent souvent le bonheur et la souffrance, mais qui ne sera jamais un chemin sans issue. Bien au contraire, chaque étape de la vie familiale sera, pour chacun de ses membres comme le chemin d’une nouvelle naissance, et une étape vers la résurrection, au-delà de toutes les croix que l’on aura à porter. Pensons par exemple à cette nouvelle naissance qu’est l’adolescence où l’enfant qui va devenir découvre ce qu’il est appelé à devenir ; Lui comme ses parents découvrent parfois de façon inattendue – comme la sainte famille – des itinéraires qu’ils n’avaient pas prévus, douloureux parfois - mais dans lesquels le Seigneur les appelle à accueillir ensemble la Vie qu’Il veut nous offrir.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, l’évangile ne parle que d'un personnage : Joseph : il est nommé à trois reprises. On ne l'entend pas parler, mais on le voit agir en répondant à une des plus belles invitations qui jalonnent l'ancien et le nouveau testament : "Lève-toi"...

"Lève-toi", c'est la phrase qu'Abraham avait entendue et qui a mis en marche tous les croyants qui l'ont suivi, vers un pays qu'au départ personne ne pouvait connaître. Toute famille est invitée à entendre cet appel au départ, qui s’adresse aussi à tous les croyants.

"Lève-toi", c'est aussi les paroles entendues par le prophète Jonas pour se lancer dans une mission qu'il n'avait pas envie de remplir, et qu'il a fini par accepter en surmontant sa peur. Toute famille rencontre aussi ces moments de crainte devant les difficultés de la grande mission de l’éducation. Aussi le messager de Dieu leur dit « n’ayez pas peur »

"Lève-toi", c'est aussi le beau chant d’amour que l’on peut lire dans le cantique des cantiques, ce livre de la bible qui nous dit en toute simplicité tout l'amour que Dieu a pour chacun d'entre nous : Lève-toi, car voici que l'hiver passe et que la saison de la chanson arrive. La sainte famille, en quittant précipitamment Bethlehem, était également rejointe par ce chant de joie qui la mettait en marche.

"Lève-toi", c'est surtout la phrase prononcée combien de fois par Jésus au cours de sa vie, lorsqu'il rencontrait les malades et les blessés de la vie: mettre chacun de nous debout. C’est ce que les parents disent à leurs enfants dans les moments difficiles. Et n’oublions pas que face au sommeil de la mort, le Seigneur nous dira un jour lève-toi... de façon définitive.

Frère et soeurs, il y a des difficultés dans nos familles. Santé, budget, difficultés d’orientation, dialogues difficiles, conflits de générations... Aujourd’hui, le Seigneur nous invite à regarder la famille de Joseph et Marie. Aux difficultés qu’il rencontre, Joseph est appelé à la responsabilité. Dieu veut des hommes debout : "Lève-toi !"Dieu suscite des hommes actifs : « Prends l’enfant et sa mère ». Joseph se leva et prit l’enfant et sa mère. Joseph a pris la responsabilité de sauver sa famille. Marie, Joseph et l’enfant Jésus ont souffert mais ils sont restés unis. Voilà donc l’exemple d’une famille qui est digne de ce nom.

Sainte Marie et Saint Joseph, qui avez eu la grâce d’accueillir au sein de votre couple Jésus le Sauveur du monde et qui, malgré les épreuves. Priez pour nous qui avons recours à vous. Et obtenez à nos familles et nos communautés les grâces de paix et d’unité dans l’amour dont nous avons un si urgent besoin. Amen !

écrit par le père Léon

Homélie pour La veillée de Noël (24 Décembre 2019) par le père Léon

Bonsoir et bienvenue à tous.

En cette nuit de Noël, nous sommes heureux de nous retrouver dans une église entièrement restaurée. Noël, c'est Jésus qui vient et qui nous appelle à lui. Les bergers, les mages et bien d'autres sont venus à lui. Nous aussi, nous nous tournons vers Celui qui se présente à nous comme « La Lumière du monde ». Ensemble participons à cette eucharistie dans la joie.

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Is 9,1). Cette prophétie d’Isaïe ne finit jamais de nous émouvoir, spécialement quand nous l’écoutons dans la Liturgie de la Nuit de Noël. Et ce n’est pas seulement un fait émotif, sentimental ; elle nous émeut parce qu’elle dit la réalité profonde de ce que nous sommes : nous sommes un peuple en chemin, et autour de nous – et aussi en nous – il y a ténèbres et lumière. Et en cette nuit, tandis que l’esprit des ténèbres enveloppe le monde, se renouvelle l’évènement qui nous émerveille toujours et nous surprend : le peuple en marche voit une grande lumière. Une lumière qui nous fait réfléchir sur ce mystère

Je vous invite à regarder, contempler et méditer le mystère de ce petit enfant dont nous fêtons la naissance à Bethléem… Joseph et Marie ont été invités à un recensement auquel ils n’avaient pas accès, parce que pauvres. Et personne n’a voulu les accueillir, ni dans les maisons, ni dans les auberges. Ils ont dû ressentir en ce moment, ce que pouvait signifier pauvreté, rejet, manque de générosité et de solidarité. Ils n’avaient alors qu’à se contenter de l’inconfort de l’étable. Et c’est dans ces conditions que le Fils de Dieu nait.

Au-delà de ce que cela représente comme cène, voyons comment Dieu nous aime ! Voyons comment il se donne à nous. Il se dépouille de tout pour descendre dans notre condition humaine, comme un petit enfant dans la mangeoire des animaux…

A l’occasion de cette fête, je sais qu’il y a beaucoup de familles, beaucoup d’amis qui se sont retrouvées ensemble pour fêter. Et c’est bien beau. J’imagine la joie que cela apporte aux uns et aux autres… Mais je voudrais que cette fête soit vraiment pour chacun et pour tous une vraie source de joie et de bonheur qui ne s’arrêtent pas à cette fête, mais pour toute la vie. Ce beau mystère de Noël que nous célébrons ce soir ne date pas seulement de plus de 2000 ans. Cette nuit, l’Eglise ne célèbre pas seulement l’anniversaire de la naissance d’un homme hors du commun, survenue dans un lointain passé. Lorsque l’Eglise fête Noël, elle célèbre un évènement d’aujourd’hui. Car la naissance de Jésus dans notre monde est de chaque lieu et de chaque instant.

Malheureusement, frères et soeurs, tant de nos contemporains ignorent cette présence de Jésus Sauveur dans leur vie. Ils ont perdu l’accès à cette inépuisable source de la joie. Et je me dis que, s’ils peinent à le reconnaître, c’est parce que, trop souvent peut-être, ils attendent Dieu ailleurs, au dehors de leurs existences terrestres, dans le bleu du ciel, dans un monde idéalisé et rêvé. Mais, Il vient aujourd’hui, le Christ Vivant, et c’est dans les coeurs des pauvres et des affligés, des assoiffés de paix et de justice, des doux et de miséricordieux d’aujourd’hui qu’Il vient. Il vient par l’Esprit Saint remplir ces coeurs de l’amour tout puissant miséricordieux et de la joie de Dieu. « Heureux êtes-vous ! » proclame Jésus.

Frères et soeurs, Jésus vient à nous, quoi qu’il en soit de nos ténèbres, des nuits de nos violences et de nos péchés, de nos misères et de nos pauvretés. Ce signe nous est donné cette la nuit de Bethléem. « Vous trouverez un nouveau-né, emmailloté, couché dans une mangeoire » Et ce n’est pas un hasard si les premiers qui reçoivent l’annonce de l’extraordinaire nouvelle, ce sont les bergers, eux qui étaient considérés au temps de Jésus comme les plus pauvres parmi les pauvres, les plus exclus parmi les exclus, les plus impurs parmi les impurs. Ce sont eux pourtant que les anges de Dieu ont choisis pour révéler au monde le mystère de l’Enfant-Dieu. Les bergers seront les premiers à adorer l’enfant Jésus car la gloire de Dieu se donne à voir de la manière la plus belle quand les petits et les vulnérables se laissent habiter par le courage et la tendresse de Dieu.

Il est espérance pour les pauvres, promesse de libération, garant de la dignité de chaque personne humaine, y compris - et surtout - les plus faibles et les plus démunis de défense. Il est le don de Dieu pour le bonheur des hommes. Il se propose comme un appel discret à la liberté humaine pour que nous revenions à notre véritable vocation d’enfants de Dieu. Il est lumière dans notre nuit.

Comme les bergers de la nuit de Bethléem, cette nuit, chacun de nous est invité à s’approcher de l’enfant nouveau-né, non par fascination pour je ne sais quelle « magie de Noël », mais pour accueillir sa promesse : par lui, avec lui et en lui, l’humanité entre dans le chemin du salut et ce chemin est ouvert à tous les pauvres de la terre et chacun de nous peut y accéder en changeant sa manière de vivre, en se laissant guider par l’amour que Dieu nous offre pour aimer nos frères.

Ne boudons donc pas notre joie devant ce don merveilleux. Nous avons raison de nous réjouir et de vouloir partager cette joie. Mais n’oublions pas à qui nous la devons. Ne nous contentons pas des signes de la fête et du partage en faisant silence sur l’événement qui en est le fondement, sur l’amour qui en est la source. Cette bonne nouvelle ne nous est pas réservée. Elle est destinée à « tout le peuple », comme nous le disait à l’instant le récit de Luc. Ne craignons pas d’annoncer la bonne nouvelle et de devenir des témoins du salut que Dieu offre aux hommes en Jésus-Christ.

«Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime.»

écrit par le père Léon

Homélie pour le 4ème dimanche de l’Avent (22 Décembre 2019) par le père Léon

Noël approche. C’est pour nous l’occasion de nous préparer à ce grand événement. Nous le faisons chaque jour, mais pas à la manière du monde. Noël c’est d’abord Jésus qui vient. Il nous rejoint au coeur de notre vie. Il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il veut être présent au milieu de nous et en nous pour nous faire entrer en communion avec Dieu.

En ce dernier dimanche de l’Avent, notre regard se porte vers les parents de l’enfant qui va naître : Joseph et Marie. Voici donc deux jeunes qui ont fait ensemble le beau projet de devenir époux. Ils sont fiancés. Ils vivent ce temps du bonheur des fiançailles.

Pour Joseph, l’évangile ne nous dit pas grand-chose. Pour lui, il ne nous reste aucune parole, mais plutôt de longs silences et à peine quelques détails, comme en passant, pour camper le personnage. Il nous est dit, en effet, qu’il était de la race du roi David, originaire sans doute de Bethléem, mais qu’il demeurait à Nazareth. Charpentier de son état, nous savons aussi qu’il aimait Marie et que la délicatesse de son coeur l’avait poussé à projeter de la répudier en secret, quand il l’a su enceinte, car, nous dit l’évangile, « c’était un homme juste ». Un homme juste : voilà bien l’unique portrait qu’il nous reste de lui. Mais de quelle justice s’agit-il ?

Joseph connaissait la Loi. Sans doute aurait-il dû dénoncer publiquement celle qu’un si lourd secret avait réduit au silence. Marie ne lui avait rien dit, elle n’avait même pas tenté de s’expliquer un peu, de se justifier à ses yeux. Tout s’était joué entre deux silences : le silence de Marie et celui de Joseph.

Un silence qui semblait remonter du fond des âges, de plus loin que ces deux êtres qui se trouvaient là, face à face, devant Dieu. Devant la Loi, Marie aurait pu tenter de s’expliquer, et Joseph jouer à l’homme offensé. Pendant quelques secondes, le monde avait semblé suspendre sa respiration, comme s’il se souvenait de cet instant tragique, remonté du plus profond de sa mémoire, où un autre homme et une autre femme, Adam et Eve, surpris par les pas de Dieu, ne s’étaient pas privés, eux, de se justifier en rejetant la faute sur l’autre.

Ainsi en un instant, sans un mot entre Joseph et Marie, l’histoire venait de s’inverser, pour toujours. Mystérieusement, la présence encore imperceptible de Jésus commençait à alléger et à guérir le poids du péché du monde. Plus jamais notre histoire ne serait comme avant, l’héritage d’une faute et d’une trahison. Désormais elle était devenue, par ce simple regard entre Joseph et Marie, dans cet humble silence habité par le Verbe de Dieu, une histoire de grâce.

En Joseph, nous avons l’image du croyant. Comme lui, chacun et chacune de nous est appelé à accueillir la promesse de Dieu dans sa vie. La jeune Marie symbolise l’Église, la jeune fiancée, en qui habite un grand mystère d’amour et à travers lequel Dieu veut se donner sans cesse au monde. L’Ange du Seigneur, c’est Dieu lui-même, qui invite le croyant à prendre l’Église chez lui, à l’aimer de tout son coeur, sans nécessairement tout comprendre. « Fais confiance », nous dit l’Ange. « Sois une femme de foi ; sois un homme de foi. N’aie pas peur de prendre chez toi cette Église pour laquelle l’enfant de la crèche donnera sa vie. »

Car voici la Bonne Nouvelle : l’Église est grosse de Dieu ! Elle est enceinte de Dieu. Elle le porte en elle et, en même temps, elle le propose sans cesse à travers la Parole de Dieu, à travers les sacrements, sa vie de prière, sa vie missionnaire, son engagement pour les plus pauvres, son souci quotidien pour le monde. Et tout cela ne peut se réaliser qu’à travers vous et moi. L’amour qui sera annoncé et chanté par les anges la nuit de Noël, c’est à nous qu’il est confié, comme il fut confié à Marie et à Joseph.

Au début, Joseph ne comprend pas ce que vit sa jeune épouse. Comment est-ce possible ? Mais il avance dans la foi, car l’Ange l’y invite, et Joseph fait confiance. C’est à cette confiance que nous sommes invités à quelques jours de la fête de Noël. Sommes-nous prêts à faire confiance à Dieu dans nos vies ? À tout lui remettre ? À jouer notre vie sur lui ? N’est-ce pas là, la plus belle et la plus grande des aventures où Dieu ne saurait nous décevoir. C’est ce qu’ont fait Joseph et Marie. Ils ont joué leur vie sur une promesse de Dieu.

Comme pour Joseph, la voix de l’Ange nous invite à avancer dans la foi. « N’aie pas peur d’accueillir chez toi ce mystère. » Parce que nous sommes tous appelés à être porteurs de Dieu. Nous portons enfouie au coeur de nos vies, la vie même du Fils de Dieu incarné, qui veut se donner au monde à travers nous.

Frères et soeurs, nous sommes invités à veiller sur le mystère de Noël, comme sur un trésor des plus précieux, comme on veille sur un enfant dans son berceau. Que ce soit notre joie !

Accueillons Jésus, comme « Sauveur », c’est reconnaître qu’à Noël, comme tout au long de nos vies et de l’histoire, le Christ est là où il y a des hommes et des femmes à sauver.

Accueillons Jésus comme l’Emmanuel, « Dieu avec nous », c’est découvrir que nous sommes bien aimés, que nous ne sommes plus jamais seuls. Même aux heures d’épreuve et de nuit, Dieu lui-même est pour toujours à nos côtés. Dieu avec nous : c’est, en définitive, le premier et le dernier mot, l’unique bonne nouvelle de tout l’Évangile. Que cela nous donne paix et espérance !

écrit par le père Léon

Homélie pour le 3ème dimanche de l’Avent (15 Décembre 2019) par le père Léon

La venue du Seigneur nous remplit de joie. Il s’agit de la joie de tous ceux qui accueillent cette parole comme une Bonne Nouvelle pour leur vie. Nouvelle de paix et de libération, qui fait entendre les sourds et voir les aveugles. Que cette présence, au coeur de notre assemblée, du Seigneur qui nous sauve, nous remplisse de joie. En ce temps l’Avent, accueillons-le dans la joie.

Les lectures du 3ème dimanche de l’Avent, nous invite à entrer dans la joie de la naissance de notre Sauveur. Telle est la dynamique dans la première lecture : « Réjouis-toi », « Réjouissez-vous dans le Seigneur ! » Cette joie dans le Seigneur est le plus beau cadeau à porter au monde, surtout en ce moment où le climat mondial porte facilement au pessimisme, nous empêchant de voir Dieu à l’oeuvre dans notre vie et dans l’histoire.

La tentation des doutes, du pessimisme et de la perplexité, nous la voyons dans l’évangile. Le Jean-Baptiste que nous contemplons aujourd’hui est très différent de celui de dimanche dernier. Il est en prison et s’attend à sa prochaine mise à mort à cause de la colère de Hérodiade et la faiblesse de son mari Hérode. Jean-Baptiste a passé toute sa vie à préparer la venue du Messie. Dimanche dernier, il invitait le peuple à rendre droits ses sentiers, à se faire baptiser et à produire des fruits de conversion et de justice. Plus tard, il retrouve Jésus, à son grand étonnement, dans la file de ceux qui viennent, Jésus qui voulait aussi se faire baptiser. Ce qu’il fit, sous l’ordre de Jésus. Au cours de ce baptême, Jean-Baptiste a vu le saint Esprit descendre sur Jésus, avec la voix du Père qui attestait que Jésus est son Fils bien-Aimé. Voilà, des signes et des témoignages qui attestent combien Jean était fermement convaincu que Jésus est bien le Messie, le Sauveur attendu par d’Israël.

Malheureusement, à présent Jean est prisonnier. De sa prison, les nouvelles qui lui parviennent le découragent profondément : le Messie Jésus se révèle sous un profil bas et médiocre. Il n’est pas violent, n’incite pas avec véhémence à prendre les armes et monter une rébellion contre les Romains. Au lieu de brûler les méchants, annoncer la vengeance de Dieu, comme le faisait Jean, Jésus, lui, promet le pardon aux pécheurs, il guérit, il mange et boit avec des gens de mauvaise réputation, il assiste à des mariages, il fréquente les petites gens. Jean-Baptiste ne comprend plus rien.

Pour Jean-Baptiste, ce Messie est tellement différent de celui qu’il attendait et qu’il avait annoncé. Pire encore, il est en prison ! Un cumul d’événement malheureux -comme cela nous arrive parfois dans notre vie – qui plonge Jean-Baptiste dans une crise de foi, une tristesse et un découragement… que nous appelons « une dépression ». Toutes ses certitudes se sont écroulées devant la lourdeur de l’épreuve. Il est comme les disciples d’Emmaüs déprimés après la mort de Jésus, et qui étaient incapables d’entendre la bonne nouvelle de la résurrection pour s’en réjouir. La dépression, cette grande fatigue comme nous l’appelons, nous fait voir les choses sous un angle tellement sombre que nous nous disons que notre vie, notre mission, notre travail, notre couple, notre foi… n’ont plus de sens.

Heureusement que dans le coeur de Jean, luit encore une petite lumière d’espérance ! Il veut être rassuré. Cet évangile est une contemplation du dialogue qui se fait entre Jean-Baptiste et Jésus, par l’intermédiaire de leurs messagers respectifs. Jean exprime ses doutes et son désarroi à Jésus. « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. »

C’est une très belle réponse qui nous montre que nous devons être attentifs aux signes, aussi petits soient-ils, pour voir Dieu à l’oeuvre et reconnaître son Règne qui se construit et grandit dans notre monde. L’attention aux signes et germes du Royaume de Dieu nous met dans l’espérance et dans une profonde joie pour rendre grâce, au lieu de sombrer dans le découragement par rapport à notre vie chrétienne, familiale, ecclésiale, professionnelle. La réponse de Jésus aux envoyés de Jean-Baptiste est une clef de relecture pour chacun de nous dans notre vie personnelle et dans notre mission.

Jésus ne dit pas « oui c’est moi le messie » ou « non ce n’est pas moi le messie ». Mais il renvoie Jean-Baptiste à une prophétie d’Isaïe parlant des signes de l’avènement du Messie. Jésus invite Jean-Baptiste à faire une relecture spirituelle pour voir, au-delà de tout découragement et avec du recul, les signes objectifs de la présence de Dieu dans les événements, même quand ils ne sont pas subjectivement agréables.

Frères et soeurs, il se peut que vous soyez aussi parfois remplis de doutes à certains moments de votre vie. Il se peut que vous doutiez de Dieu, de vous-même, de votre conjoint, de vos collègues, de vos frères et soeurs… qui ne répondent plus à vos attentes, vous mettent en colère, qui ont déçu et blessé votre confiance… Ce n’est pas grave. Voyez que même le plus grand des fils des hommes, le plus grand des prophètes a aussi douté du Messie. La différence, c’est qu’au lieu de s’enfermer, il s’est ouvert, il a exprimé ses doutes, il a posé des questions à Jésus, par l’intermédiaire de ses messagers. Jésus lui a donné quelques réponses. De grâce, dans nos doutes, ne fermons pas notre coeur aux autres ni à Dieu. Comme Jean, osons poser des questions, dans le dialogue, dans la prière, pour essayer de comprendre…

Renoncer à nos doutes et à nos dépressions pour entrer dans la vraie joie de Dieu. Ne croyons pas que c’est facile : c’est tout un chemin de vérité et de décentrement de nous-mêmes. Comme le Jean Baptiste, il faut d’abord reconnaître devant le Seigneur qu’il nous déroute, voire qu’il nous déçoit. N’ayons pas peur de l’admettre et de lui dire, au lieu de nous mentir à nous-mêmes quand par exemple nos prières ne semblent pas exaucées. C’est justement en reconnaissant nos doutes et nos déceptions que nous pouvons laisser le Seigneur ouvrir nos yeux et sa Parole ouvrir nos oreilles à une joie plus grande, à un bonheur autre que celui que nous avions en tête.

Noël devra être une surprise ou alors nous ne serons pas vraiment disposés à la nouveauté que Dieu vient nous apporter. C’est l’Esprit Saint qui vient travailler notre désir en ce temps de l’Avent ; c’est Lui qui purifie et transforme tout ce qui dans notre attente n’est pas encore ajusté à Noël. Laissons-nous donc faire par lui en prenant le chemin de la vérité et de la joie et qu’ainsi que comme Jean, au jour de Noël, notre joie soit complète. Amen

écrit par le père Léon

Homélie pour le 2ème dimanche de l’Avent (8 Décembre 2019) par le père Léon

Voici donc le temps de l'Avent, le temps de l'attente et de la vigilance. Malgré la nuit du monde, au-delà des ténèbres de nos doutes, nous savons que le Seigneur vient. Préparer la route au Seigneur, à l’image de Jean-Baptiste, c’est d’abord convertir notre coeur pour accueillir un Dieu de justice et de paix.

Depuis une semaine nous avons entrepris notre marche par cette route de l’Avent qui nous mène vers la fête de Noël. J’espère que chacun de nous a commencé cette marche de manière décisive et déterminée pour aller à la rencontre de ce Dieu d’Amour qui vient nous sauver. Nous cheminons à la découverte de Dieu qui se révèle chaque jour à chacun de nous à condition de le faire naître dans notre coeur. Afin que cette découverte de Dieu se réalise pleinement, la parole de Dieu du premier dimanche de l’Avent nous invitait à ne pas laisser endormir notre coeur, mais à « veiller » en attendant le Christ qui vient nous sauver. Veiller, c’est parfois très difficile surtout quand on a sommeil et que nos paupières sont lourdes. Dans ce cas, une lumière, un café, un peu de musique… nous permettent de tenir bon. Dans une perspective spirituelle, veiller, c’est d’abord aller chercher au fond de nous toutes ces ténèbres, ces lourdeurs, ces fatigues qui engourdissent notre coeur et nous incitent à dormir au lieu de sortir, de marcher et aller à la rencontre des autres, du Seigneur.

Dans la première lecture de ce dimanche, Isaïe nous parle des temps messianiques, « lorsque le Seigneur fera la paix » , avec des images certes bucoliques, mais belles : « le loup habitera avec l’agneau », « le léopard se couchera près du chevreau » , et « un petit garçon les conduira » . Cela signifie que Jésus apporte une paix capable de transformer la vie et l’Histoire ; c’est pour cela qu’Il est appelé « prince de la Paix » .

Le temps de l’Avent est donc « un temps pour se préparer à cette venue du prince de la Paix, un temps pour se pacifier soi-même » avant tout. « Tant de fois, nous ne sommes pas en paix, nous sommes anxieux, angoissés, sans espérance et le Seigneur nous pose cette question : "comment est ton âme, aujourd'hui ? Est-elle en paix ?" » . Puisque, en ce moment, il y a tant de tristesse dans les familles, tant de luttes, de petites guerres, de désunion. C’est aussi dans le monde. Mais nous pouvons nous demander. « Que fais-je, moi pour aider la paix dans ma famille, dans mon école, dans mon lieu de travail ? Est-ce que je trouve toujours une excuse pour faire la guerre aux autres, pour médire des autres ? Suis-je doux ? Est-ce que je cherche à construire des ponts ? Chers enfants, "à l’école, lorsqu’un petit camarade ne vous plait pas, qu’il est un peu méchant ou qu’il est faible, est-ce que vous le harcelez, ou est-ce que vous cherchez à faire la paix ?" » . Faire la paix, devenir veilleur, c’est imiter Dieu, en se faisant humble, sans médire des autres ni les blesser. La paix avance toujours, elle est féconde, elle «part de l’âme et y retourne » , après avoir fait son chemin dans les coeurs, les familles et le monde.

Frères et soeurs, je voudrais vous inviter à être l’artisans de paix en ce temps de l’Avent, en préparation à la venue du Seigneur.

Dans l’évangile, c’est la figure de Jean le Baptiste qui nous accompagne, en ce deuxième dimanche de l’Avent. A son tour, il nous annonce la venue du Christ Jésus, cette venue que nous célèbrerons au soir de Noël. Et Jean Baptiste nous dit de celui qui vient derrière lui est plus fort que lui, tellement plus fort que Jean Baptiste n’est pas digne de retirer ses sandales.

Ce qui intéresse l'évangéliste Matthieu, c'est d'abord le message qu'il proclame : "Convertissez-vous… préparez le chemin du Seigneur". Il rappelle avec insistance la nécessité de "produire du fruit" . La conversion qu'il réclame à tous doit se traduire en actes. Il annonce le jugement de celui qui vient. Aucun privilège ne peut nous en dispenser. Il ne suffit pas de faire partie de l'Église pour être sauvés.

Les juifs ont été nombreux à répondre à l'appel de Jean et à se faire baptiser par lui. Mais les pharisiens et les sadducéens se sont montrés méfiants car ce mode de pardon des péchés n'était pas prévu dans la loi de Moïse. C'est sans doute leur méfiance qui a provoqué les violentes invectives de Jean Baptiste : "Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?” Le fait d'être de la descendance d'Abraham n'est pas une garantie de salut. La vraie conversion doit produire un fruit visible. Elle doit nous amener à des gestes d'accueil, de partage et de solidarité.

Cet appel est aussi pour chacun de nous. Mais se convertir, ce n'est pas d'abord faire des efforts pour essayer de devenir meilleurs. Le plus important c'est de donner notre foi au Christ. Avec lui, on devient autre. "Comme l’agriculteur retourne la terre pour l'ensemencer, la grâce du Christ retourne le coeur pour y déposer la semence divine".

Voilà une bonne nouvelle pour nous et pour le monde entier. Le Christ est là, au coeur de nos vies. Cette bonne nouvelle doit être annoncée à temps et à contretemps. Le monde se prépare à fêter Noël mais beaucoup ignorent celui qui en est l'origine. Noël, c'est Jésus qui est venu, qui vient chaque jour et qui reviendra. Vivre Noël, c'est accueillir Jésus qui vient ; c'est lui donner la première place dans notre vie.

Se convertir, c'est d'abord se reconnaître pécheurs ; Vivre dans le péché, c'est organiser notre vie sans Dieu et en dehors de lui. C'est aussi quand nous nous faisons du mal les uns aux autres. Dieu est atteint dans l'amour qu'il porte à chacun de ses enfants. C'est alors qu'il nous faut réentendre les appels de Jean Baptiste : "Convertissez-vous !" Et nous répondons à cet appel en allant à la rencontre d'un prêtre pour demander la confession. Du coup, vous êtes invités le jeudi 19 à 19h à l’église d’Eppeville pour le sacrement de réconciliation. L’amour de Dieu est si grand qu’il nous pardonne nos péchés. Il n’y a aucun péché que l’amour de Dieu ne puisse pardonner. Le péché nous éloigne de Dieu par la conversion nous nous rapprochons de Dieu. Par la conversion c’est a dire en changeant de vie. Quand nous revenons à Dieu, c'est la joie retrouvée, c'est la fête.

Préparer la route au Seigneur, c’est d’abord convertir notre coeur et mener une vie qui soit authentiquement chrétienne dans sa substance et par sa force de témoignage. Préparer le chemin du Seigneur, c’est construire des ponts de paix, s’accueillir mutuellement dans nos familles, nos communautés et nos milieux professionnels.

« Seigneur, donne-nous de voir les zones d’ombre que nous portons en nous-mêmes, et les ayant éclairées, donne-nous de Te laisser nous habiter pour nous convertir par ta présence. » Amen.

écrit par le père Léon

Homélie pour le 33e dimanche du temps ordinaire (17 Novembre 2019) par le père Léon

3ème JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES

Les pauvres ont avant tout besoin de Dieu, de son amour rendu visible par des personnes saintes qui vivent au côté d’eux, lesquelles, par la simplicité de leur vie, expriment et font émerger la force de l’amour chrétien. Dieu se sert d’innombrables routes et instruments pour atteindre le coeur des personnes. Bien sûr, les pauvres nous approchent aussi parce que nous leur distribuons de la nourriture, mais ce dont ils ont vraiment besoin va au-delà du plat chaud ou du sandwich que nous proposons. Les pauvres ont besoin de nos mains pour se relever, de nos coeurs pour ressentir à nouveau la chaleur de l'affection, de notre présence pour vaincre la solitude. Ils ont simplement besoin d'amour.

Le Seigneur n'abandonne pas ceux qui le cherchent et qui l’invoquent ; « il n'oublie pas le cri des malheureux » (Ps 9, 13), car ses oreilles sont attentives à leur voix. L’espérance du pauvre défie les différentes conditions de mort, car il se sait particulièrement aimé de Dieu et il l'emporte ainsi sur la souffrance et l'exclusion. Sa condition de pauvreté ne lui enlève pas la dignité qu'il a reçue du Créateur ; il vit dans la certitude qu'elle lui sera pleinement rendue par Dieu lui-même, qui n'est pas indifférent au sort de ses enfants les plus faibles ; au contraire, il voit leurs problèmes et leurs douleurs et les prend dans ses mains, et leur donne force et courage (cf. Ps 10, 14). L'espérance du pauvre est renforcée par la certitude d'être accueilli par le Seigneur, de trouver en lui la vraie justice, d'être renforcé dans le coeur pour continuer à aimer (cf. Ps 10, 17).

La condition, pour que les disciples du Seigneur Jésus soient des évangélisateurs cohérents, est de semer des signes tangibles d'espérance. À toutes les communautés chrétiennes et à tous ceux qui ressentent l’exigence d'apporter espérance et réconfort aux pauvres, je leur demande de travailler pour que cette Journée mondiale renforce chez beaucoup, la volonté de collaborer efficacement afin que personne ne se sente privé de proximité et de solidarité. Que nous accompagnent les paroles du prophète qui annonce un avenir différent : « Mais pour vous qui craignez mon Nom, le soleil de justice brillera, avec la guérison dans ses rayons.» (Ml 3,20).

Comme chaque année à pareille époque, la liturgie, aussi bien celle du dimanche que celle de chaque jour, nous donne l’enseignement de Jésus sur les derniers temps. Jésus annonce la destruction du Temple de Jérusalem ; il prédit des guerres, des soulèvements, de gigantesques catastrophes naturelles et des épidémies. Mais également des persécutions contre les disciples et des conflits au sein des familles.

Dans l’évangile de ce jour, Jésus prédit le temple de Jérusalem qui, pour les Juifs, est la résidence de Dieu, le lieu de la présence divine au milieu de son peuple. Il faut savoir que les Juifs n’avaient qu’un temple, celui de Jérusalem (ailleurs ils ont des synagogues) et c’est seulement au temple qu’ils faisaient des sacrifices ; tout Juif pieux venait au temple, en pèlerin, pour les fêtes. Le temple a été rasé et rebâti plusieurs fois. La dernière fois qu’il a été rebâti, ce fut par Hérode depuis l’an 19, les travaux ont duré 46 ans : il était de toute splendeur, d’où les regards admiratifs des disciples de Jésus.

Mais Jésus prédit la destruction de ce temple. Effectivement en l’an 70, lors d’un des nombreux soulèvements juifs, les Romains détruisirent le temple. Voilà, ni Jérusalem, ni le temple ne sont plus les lieux uniques de la présence. Quand on relit l’histoire de l’Eglise on se rend compte qu’elle aussi, a connu bien des bouleversements. Elle voit aujourd’hui s’effondrer des temples qu’elle avait construits, des structures et des manières de penser qu’elle avait estimées immuables. Elle est appelée à se souvenir que c’est le Christ ressuscité qui tient lieu pour elle de temple nouveau, de signe accompli de la présence.

«Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant : C'est moi´, ou encore : ´Le moment est tout proche´. Ne marchez pas derrière eux ! » Jésus met en garde contre les faux prophètes, les faux Messies, annonciateurs de fins du monde dont ils connaîtraient la date, rassemblant dans des sectes de purs et de parfaits, ceux et celles qui échapperaient ainsi à la colère divine… Ne marchez pas derrière eux dit Jésus, le Messie crucifié.

« Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas : il faut que cela arrive d'abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin. » Ce passage trouve aujourd’hui une forte résonance sur notre planète terre, menacée de toutes parts par les guerres, les famines, les épidémies, les pollutions de toutes sortes. « Ne vous effrayez pas, n’ayez pas peur », dit Jésus aux disciples.

Au lieu des craintes stériles, engagez-vous avec courage pour la vie, pour la paix, le respect de la nature, en gardant confiance et espérance envers et contre tout. Certes le mal fait toujours mal.

Mais si notre attitude fondamentale est l'espérance et la confiance au Seigneur, cela ne nous empêche pas de nous retrousser les manches et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour remédier à la situation. Quand on est malade, on se fait soigner. Quand on perd son emploi, on essaie d'en trouver un autre. Quand une inondation envahit le sous-sol de la maison, on se débrouille pour nettoyer et sortir l'eau de la cave.

Frères et soeur, demandons au Seigneur de nous donner cette espérance confiante dans les moments difficiles quand ils viendront. Car c'est dans notre fidélité au Seigneur, comme le rappelle l'oraison de ce jour, que nous puiserons notre paix et notre joie les plus profondes.

Père, délivre-nous du mal, et rends-nous la vie jour après jour, tandis qu’en faisant mémoire de ceux qui nous ont précédé, de ceux qui ont combattu pour la liberté et de ceux qui ont été victimes de la violence, nous partageons ton repas qui nous achemine vers l’éternité d’un monde transfiguré. Oui, la foi est une victoire qui lutte, aujourd’hui et demain, dans la force de l’Esprit. Seigneur, ton amour soit sur nous comme notre espérance est en toi ! Amen.

écrit par le père Léon

Homélie pour le 32e dimanche du temps ordinaire (10 Novembre 2019) par le père Léon

En nous rassemblant ce dimanche, nous célébrons le jour où le Christ est ressuscité des morts. Voilà le coeur de notre foi. Depuis la résurrection de Jésus, nous savons que la vie que Dieu nous propose sera toujours plus forte que toutes nos morts. Notre Dieu nous appelle à être des vivants avec lui.

En ce mois de novembre nous sommes particulièrement invités à honorer nos défunts, à prier pour eux, à leur rendre visite au cimetière. C’est là une tradition très ancienne dans l’Église. Nous avons toujours eu beaucoup de respect pour nos défunts, car nous les savons en chemin vers les demeures éternelles. Ils nous y précèdent et ils nous y accompagnent. C’est là un grand mystère qui se dresse devant nous que celui de la mort. Nous le savons, la mort en elle-même est un mal, mais Jésus nous invite à porter nos regards au-delà de la mort, car le Dieu fidèle ne saurait nous abandonner. La mort ne saurait avoir le dernier mot. Aussi nous sommes heureux de voir que les textes bibliques de ce jour nous parlent de la résurrection et fortifient ainsi notre foi.

La première lecture du deuxième livre des martyrs d’Israël marque une étape capitale dans le développement de la foi juive. C’est une des premières affirmations de la résurrection des morts. Ils sont prêts à la mort, plutôt que de renier leur foi. Mieux, c’est elle qui les rend capables de porter un regard détaché face à la mort, car ils sont sûrs qu’elle n’est qu’un passage vers Dieu, qu’ils pourront « connaître la résurrection pour la vie. »

En Corée, à la fin du 18ème siècle, il y avait une grande persécution. Les premiers chrétiens coréens ont accepté le martyr, plutôt que de se cacher ou de renier leur foi. Plus de 10,000 chrétiens ont été tués. Parmi eux, il y avait des jeunes prêtres français des Missions Etrangères de Paris. Ils ont tout quitté et accepté d’aller vers une mort plus que probable, pour répondre à l’appel des chrétiens de Corée. Dix Prêtres d’entre eux ont été martyrisés. Quel courage, mais aussi quelle foi cela supposait !

Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous invite à trouver notre réconfort dans le Christ lui-même, lui qui nous a aimés et qui, dans sa grâce, nous a donné pour toujours réconfort et joyeuse espérance. Saint Paul a écrit cette lettre peu de jours avant son exécution, et pourtant il a dit aux chrétiens de sa communauté de prier pour échapper à la cruauté des gens qui leur veulent du mal, car Dieu est fidèle : Il les affermira et les protègera du mal. Rappelons-nous aussi que Jésus avait dit : Ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps et ne peuvent tuer l’âme, craignez plutôt ceux qui peuvent faire périr l’âme et le corps.

Dans l’évangile, l’histoire racontée par le sadducéen qui interroge Jésus au sujet de la résurrection nous aide bien à comprendre quelle est notre représentation spontanée de la durée, de la continuité et de la transmission. En fait, c’est bien naturel, nous nous préoccupons d’abord de savoir s’il y aura une suite, non pas dans l’au-delà, mais ici-bas. Que se passera-t-il après moi ? Y aura-t-il quelqu’un pour se souvenir de nous quand nous serons morts ?

Cette question n’est pas simplement une question affective, comme si nous avions besoin de savoir que nous restons vivants dans la mémoire de ceux qui nous survivent. C’est une question beaucoup plus profonde : c’est la question de la continuité de l’humanité. Si l’homme et la femme sur la terre donnent la vie à des enfants, c’est précisément pour assurer cette continuité de l’espèce humaine, c’est précisément pour développer une histoire dans laquelle chaque génération accomplit sa mission et laisse la place à la génération suivante. Très naturellement, le sadducéen se représente l’avenir sous la forme de cette transmission qui est devenue un impératif tellement fort dans la tradition d’Israël, que lorsqu’un homme meurt sans avoir laissé de descendance, son frère épouse la veuve et ainsi de suite jusqu’à ce que la descendance soit assurée. C’est ce qu’évoque l’histoire de ces sept frères qui ont eu successivement la même femme.

Mais, ce que le Christ annonce avec la Résurrection n’est pas du tout la continuité de ce monde. Il ne nous annonce pas que tout ce que nous avons sur terre sera garanti pour l’éternité, que nous nous retrouverons tels que nous sommes ici-bas, que nous retrouverons les mêmes gens dans la même apparence, avec les mêmes relations, que la Résurrection serait simplement un geste de Dieu qui assurerait que tout ce que nous connaissons ne sera pas perdu mais continuera.

Le Christ nous fait découvrir à travers sa parole que la Résurrection, c’est un autre monde. Plus profondément encore, nous sommes invités à accepter que le monde nouveau auquel nous sommes appelés par Dieu, et dans lequel nous entrons par le baptême et la communion au Christ, ce monde nouveau est déjà commencé.

Frères et soeurs, pour nous chrétiens, la résurrection est une « nouvelle » condition, non matérielle, non mortelle. Une nouvelle naissance, une nouvelle création. Jésus nous dit « fils et filles de Dieu en étant héritiers de la résurrection », nous serons comme Dieu qui est « la résurrection et la vie ». La béatitude, ce sera la parfaite communion en Dieu et entre nous. Et dans ce sens, elle a déjà commencé, il ne faut pas l’attendre pour l’au-delà, si elle ne se réalise pas déjà dès à présent. «Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants» et c’est avec Lui que nous devenons dès aujourd’hui des vivants. Rendons-lui grâce pour tout ce qu’il fait déjà en nous !

écrit par le père Léon

Homélie pour le 31e dimanche du temps ordinaire (03 Novembre 2019) par le père Léon

Frères et soeurs,
Rien n'est jamais perdu pour Dieu : voilà la conviction qui doit nous habiter aujourd'hui. Même si nous avons l'impression de ne pas être dignes de l'accueillir, Dieu s'invite chez nous. Et il nous invite à porter sur tout homme ce même regard d'amour. Nous sommes bien un peuple de pécheurs pardonnés, et c'est avec joie que nous nous rassemblons au nom du Seigneur : il est au milieu de nous.

Dimanche dernier, la parabole du pharisien et du publicain, nous enseignait que ce qui plaît à Dieu, c'est un coeur humble qui attend tout de la miséricorde de Dieu, qui se reconnaît pécheur et ouvre son coeur à la grâce du pardon. Aujourd'hui, ce n'est plus par une parabole que le Seigneur nous parle, même s'il s'agit encore d'un publicain, mais par un événement réel : celui de sa rencontre avec Zachée.

L'histoire du publicain Zachée nous parle parce que nous lui ressemblons, d'une manière ou d'une autre. L'évangéliste nous dit qu'il "cherchait à voir Jésus". Ils sont nombreux dans les évangiles les gens qui cherchent à voir Jésus : dès sa naissance, ce sont les bergers et les mages, tout au long de son ministère public, on ne compte pas le nombre de personnes qui, pour des motifs très divers, veulent s'approcher de Jésus, le voir, le toucher, souvent pour être guéris ; même le roi Hérode cherchait à le voir, comme le dit le même saint Luc dans le récit de la Passion. Aujourd'hui, encore, ils sont nombreux ceux et celles qui cherchent à rencontrer Jésus ; ils sont plus nombreux que nous le pensons. Mais, comme Zachée, leur dessein est contrarié par bien des obstacles qui se mettent en travers de leur route. Zachée était de petite taille, c’est un obstacle infranchissable pour sa rencontre avec le Christ. Mais le regard que Jésus pose sur lui et la parole qu’il lui adresse vont retourner cette situation. Ce qui était un handicap va devenir une chance, non pas parce que Jésus transformerait des oeuvres mauvaises en actions bonne, « Jésus leva son regard sur lui et lui dit : - descend, aujourd’hui il me faut demeurer dans ta maison » (Lc 19, 5).

A travers l’échange de ces regards et de ces paroles, ce passage nous fait comprendre ce qui est structurel de l’expérience chrétienne : nous ne devenons pas disciples du Christ par nos oeuvres ou même par nos désirs, mais en raison du choix et de l’appel de Jésus et de la force avec laquelle il transforme notre vie. Ce choix de Jésus pour Zachée se concrétise dans le festin qu’il va prendre dans sa maison. Dans l’Evangile, nous sommes habitués à voir le Seigneur manger avec les pécheurs, et depuis plusieurs dimanches (dans la parabole des deux fils (Lc 15 par exemple) nous voyons que cette situation suscite un questionnement et même provoque un choc : « Comment peut-il faire table commune avec eux, au risque de contracter une impureté rituelle ? » Ces situations permettent à Jésus de rappeler le sens de sa mission : « Je ne suis pas venu pour les bien portants mais pour les malades » (Lc 5, 31) « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (Lc 19, 10).

C’est pourquoi le titre de gloire sur lequel notre conversion (notre transformation personnelle) va s’appuyer et se réaliser n’est pas l’inventaire de nos bonnes réalisations, qui seraient comme nos ‘états de service’ devant le Seigneur, mais la prise de conscience de nos incapacités, de nos fautes, de nos misères et de nos limites qui nous rend justement capables d’accueillir la parole qui sauve. Nous ne sommes pas une assemblée de justes venus faire à Dieu l’hommage de notre justice, mais une assemblée de pécheurs qui recevons le message inespéré de la miséricorde : « Descends vite, aujourd’hui il me faut demeurer chez toi ! »

Il y a enfin, dans cette scène, le regard de Jésus qui lève les yeux vers Zachée : le Seigneur voit Zachée qui cherche à se rapprocher de lui. En fait c’est Jésus qui vient vers Zachée, comme il est venu vers toute l’humanité : Il vient encore vers nous dans cet « aujourd’hui » de Dieu qui est toujours présent. Jésus dans cet évangile va dire deux fois le mot « aujourd’hui ». Jésus dit à Zachée : Aujourd’hui…. il faut que j’aille demeurer chez toi ; et plus tard, au cours du repas, il va dire aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison. Rappelons-nous aussi que Jésus a dit au bon larron sur la croix : aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. Peu importe le passé, celui de Zachée ou le nôtre ; peu importe l’avenir, le nôtre ou celui de l’Eglise : n’ayons pas l’inquiétude du lendemain ; le Seigneur s’en occupe du moment où nous nous confions à Lui dans l’aujourd’hui qui est le nôtre. Et Jésus a dit à Zachée : il faut que j’aille demeurer chez toi : Dieu vienne habiter parmi les pêcheurs que nous sommes ; non pas seulement dans un temple ou une église, mais dans notre coeur.

Frères et soeurs, chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie et quand nous sommes réunis le dimanche, nous revivons ce festin où le Christ est venu s’inviter. Ce n’est pas nous qui l’invitons à notre table mais lui qui nous y accueille. Nos églises et nos autels ne sont pas des lieux où nous essayons d’attirer le Christ, mais bien des lieux où il nous attend, pour nous partager la parole qui rend libre et le pain qui rend fort : le Christ lui-même donné en nourriture pour que nous soyons relevés et que nous entrions dans une nouvelle manière de vivre : Voyons maintenant ce qui s’est passé au cours du repas. Zachée s’est dit prêt à partager la moitié de ses biens avec les pauvres et à faire acte de réparation vis-à-vis de ceux qu’il avait lésés. C’est donc de sa part une vraie conversion, un engagement à un réel changement de vie et pas seulement des paroles.

« Aujourd’hui le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. » (Lc 19, 9) . Voilà pourquoi, chaque jour nous rendons grâce : alors que nous sommes si souvent loin de lui, il se fait proche de nous ; alors que nous sommes par nous-mêmes si peu capables de le reconnaître et d’entrer en relation avec lui, il nous appelle et nous donne les moyens de le recevoir chez nous. « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (Lc 19, 9) .

écrit par le père Léon

Homélie pour tous les fidèles défunts (02 Novembre 2019) par le père Léon

Après avoir hier célébré tous les saints du ciel, nous faisons aujourd’hui mémoire de tous les défunts. Nos parents, nos amis, tous nos frères de la terre, ne sont pas morts pour tomber dans le néant, mais pour entendre la voix de Dieu qui nous appelle à la Vie éternelle.

Le mois de novembre est traditionnellement consacré à la prière pour les défunts. Ils font partie de notre vie, de notre histoire. Leur départ a été pour nous une séparation douloureuse. Pour d’autres, cela s’est passé d’une manière plus paisible. C’est ce qui arrive quand on sait que ce défunt a vécu toute sa vie pour cette rencontre avec le Seigneur.

Les fidèles défunts, associés depuis leur baptême au mystère pascal du Christ mort et ressuscité, restent présents à la liturgie de la terre. Pour hâter leur pleine participation à la liturgie du ciel, l'Eglise continue à les recommander à la miséricorde infinie de Dieu. C'est ce que nous faisons particulièrement chaque année le 2 novembre, mais aussi à chaque messe dans la prière eucharistique, lors des funérailles chrétiennes. En priant pour les vivants et pour les morts, nous demandons le triomphe de la vie nouvelle, de la vie éternelle, déjà commencée par la venue du Christ en notre chair. Par sa Pâques, le Seigneur Jésus veut nous entrainer avec lui dans le Royaume qu'il est venu inaugurer, et là est toute notre espérance. La grande nouvelle, la seule capable de faire naitre en nous l'espérance, c'est que Dieu est bon et c'est sur sa bonté que se fonde notre espérance.

Prier pour les défunts, c’est raviver notre espérance face à la réalité mystérieuse de la mort. Nous nous rappelons que la résurrection de Jésus nous ouvre un chemin. Avec lui nous sommes sûrs de triompher de la mort et du péché, dès maintenant et pour l’éternité.

L’Évangile de ce jour nous invite à rester en tenue de service et à garder nos lampes allumées. Être en tenue de service c’est nous mettre humblement au service les uns des autres, en famille, dans nos villages, sur notre lieu de travail et partout où nous vivons. Mais quand Jésus demande aux serviteurs de rester en tenue de service, cela concerne surtout la mission qu’il se prépare à leur confier. C’est toute l’Église qui est au service de l’annonce de l’évangile. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous appelés et envoyés par le Christ pour témoigner de l’espérance qui nous anime.

« Gardez vos lampes allumées » : Cette lampe c’est celle de notre conscience. Pour nous chrétiens, c’est celle de notre foi, celle de notre espérance, celle de la prière.

« Gardez vos lampes allumées » : Comprenons bien, cette lampe ne peut rester allumée que si nous accueillons la lumière qui vient de Dieu. Cette lumière c’est celle que nous recevons en lisant la Parole de Dieu et en nous nourrissant de l’Eucharistie. Ce qu’il nous faut communiquer au monde, c’est l’amour qui vient de Dieu.

C’est chaque jour que nous sommes invités à nous ouvrir à au Christ qui ne cesse de frapper à la porte de notre coeur. Il veut entrer dans notre vie et y faire sa demeure. C’est avec lui que nous pourrons rester en « tenue de service » et rayonner l’amour qu’il met en nous.

En ce jour, nous prions pour tous ceux qui nous ont quittés pour rejoindre « l’autre rive ». C’est là que nous attendent ceux et celles qui nous ont précédés. Ils ont rendu leur tenue de service mais nous avons la ferme conviction que le Seigneur prendra la sienne pour nous servir avec tous ceux qui auront été fidèles jusqu’au bout.

Nous allons célébrer ensemble cette Eucharistie célébrée à l’intention de tous nos défunts. En communion les uns avec les autres et avec toute l’Église, vivons cette célébration dans l’espérance. Que le Seigneur nous donne la force de le chercher et la joie de le trouver !

écrit par le père Léon

Homélie pour Tous les saints (01 Novembre 2019) par le père Léon

Frères et soeurs,
Vous êtes venus nombreux, en ce 1er novembre, pour vous rassembler dans une même prière : prière avec les saints de tous les temps qui sont entrés à jamais dans la joie de Dieu… prière aussi pour nos frères qui nous ont quittés… Nous nous souvenons d’eux et demandons à Dieu qui les accueillis dans la joie éternelle.

Cette fête de la Toussaint réunit chaque année de nombreux fidèles dans leur souvenir pour leur défunt, et la prière que nous adressons au Seigneur pour qu’il leur soit fait miséricorde. Nous intercédons pour nos défunts, nous prions pour eux en espérant pour nous-mêmes qu’il se trouvera après notre mort des amis et des parents qui penseront à prier pour nous. Ce caractère si fort et si important de l’intercession et de la prière pour nos défunts ne doit pourtant pas nous faire oublier combien la fête de la Toussaint est la fête de tous les saints, la fête de l’espérance chrétienne en l’amour de Dieu, grâce puissante qui peut faire des saints avec des hommes et des femmes faillibles et fragiles. En célébrant la Toussaint, nous célébrons la puissance de l’amour de Dieu qui fait les saints, qui veut faire réussir l’être humain jusqu’à ce qu’il grandisse, par la grâce de Dieu, jusqu’à la sainteté véritable. Mais qu’est-ce que la sainteté ?

La sainteté est la réussite de l’être humain parce qu’elle lui permet de trouver le véritable bonheur, comme l’enseigne Jésus dans les béatitudes. Le bonheur profond d’agir et de vivre selon ce qui est juste et bon. Cela seul ne ment pas. En réalité, ces béatitudes décrivent d’abord Jésus lui-même. Notre bonheur se trouve ainsi en imitant Jésus dans notre vie. La sainteté, c’est vivre à l’imitation de Jésus. Aimer Dieu et son prochain. Les deux sont associés dans les mots si forts de l'Évangile des béatitudes : le doux et le coeur pur est en même temps celui qui entre dans la compagnie de Dieu. L’artisan de paix est fils de Dieu. L’assoiffé de justice est lui-même justifié. Le miséricordieux verra sa propre misère être pardonnée. Mais nous ne sommes pas saints quand nous ne cherchons pas le véritable bonheur. D’ailleurs, nous ne sommes pas réellement heureux quand ni la paix du coeur, ni la douceur, ni la justice ne résident en nous.

L’Évangile de ce jour est aussi un appel à la joie et à la sainteté. « Heureux les pauvres de coeur ». Voilà une parole qui va à contresens de ce que pensent spontanément la plupart des gens. Être heureux, n’est-ce pas être riche et en bonne santé plutôt que pauvre et malade ? Et pourtant nous voyons bien que les richesses et la santé ne suffisent pas à nous combler. Le seul qui peut nous rendre vraiment heureux c’est le Seigneur. En allant à lui, nous choisissons la meilleure part. Mais cela ne sera vraiment possible que si nous ne sommes pas accaparés par nos richesses. Ainsi, nous serons entièrement disponibles pour accueillir le salut de Dieu. Si nous lui donnons la priorité absolue dans notre vie, si à cause de lui, nous sommes prêts à renoncer à tout ce qui nous détourne de lui, nous trouverons le seul vrai bonheur. Lui seul pourra nous combler pleinement.

Cette fête d’aujourd’hui nous rappelle que nous sommes tous appelés à devenir des saints. Certains ont été des grands pécheurs mais ils ont accueilli le pardon de Dieu. Pensons à Pierre qui avait renié le Christ, Paul qui avait persécuté les chrétiens, Saint Augustin qui a passé une partie de sa vie dans la débauche… Leur rencontre avec le Christ a complètement changé leur vie. Le Seigneur est capable de venir nous chercher très loin et très bas pour faire de nous des saints.

Frères et soeurs, entrons à présent dans le coeur de la Célébration eucharistique, encouragement et aliment de sainteté. Dans la préface, nous proclamerons que les saints sont pour nous des amis et des modèles de vie. Invoquons-les afin qu'ils nous aident à les imiter et engageons-nous à répondre avec générosité, comme ils l'ont fait, à l'appel divin. Invoquons en particulier Marie, Mère du Seigneur et miroir de toute sainteté.

Tous les Saints, priez pour nous. Amen.

écrit par le père Léon

Homélie pour le 30e dimanche du temps ordinaire (27 Octobre 2019) par le père Léon

En ce dimanche, nous entendrons dans quelques instants la parabole du pharisien et du publicain, montés tous les deux au temple pour prier. Nous aussi, nous sommes venus dans cette église pour prier et rencontrer le Seigneur. Comme le publicain de la parabole, demandons au Seigneur, au début de cette célébration, d'avoir pitié de nous.

La liturgie de ce jour nous présente trois personnes, à qui nous pouvons nous identifier et qui prient sans se décourager, certaines de vivre ce cri du psaume : un pauvre crie, Dieu l’écoute et le sauve.

Dans la première lecture, Ben Sira, est un sage de la Bible : il vit sa foi alors que l’influence du monde grec, la « modernité » de l’époque, fait que les pauvres ne savent pas à qui faire appel dans leur malheur ; dans ce contexte, ses concitoyens oubliaient de plus en plus la grande révélation de la présence de Dieu Père de tous les hommes. Ben Sira rappelle alors que Dieu est un juge aimant qui ne fait pas de différence entre les hommes ; Il ne défavorise pas le pauvre et Il écoute la prière de l’opprimé . Quel bel encouragement pour ceux qui ne se sentent écoutés par personne de s’entendre dire : la prière du pauvre traverse les nuées, car Dieu voit le coeur de chacun.

Saint Paul écrit de sa prison où il vit lui aussi dans une situation d’extrême pauvreté et s’est senti lâché même par les siens : la première fois que j’ai présenté ma défense, personne ne m’a soutenu : tous m’ont abandonné. À ce moment-là, des chrétiens proches de Paul ont sans doute fait comme Pierre au moment du procès de Jésus : ils ont eu peur de risquer la mort en manifestant publiquement leur solidarité. Mais Paul garde une confiance sereine et paisible dans le Christ : le Seigneur, lui, m’a assisté. Par contre, souvent nous abandonnons la prière parce que nous ne voyons pas de réponse et nous sommes déconcertés. Les témoins que nous venons de citer ne se préoccupent pas d’abord des résultats de la prière : ils expriment avant tout une confiance toute simple en Dieu ; ils nous montrent que pour bien prier il faut être dans une attitude d’abandon, de foi totale en la bonté du Seigneur.

Dans l’Évangile, tout ce que le Pharisien dit est vrai, toutefois son attitude dans la prière est pleine de fierté. Il feint qu'il remercie Dieu, mais il glisse rapidement dans l'auto-satisfaction : "O Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes ". Vaniteux, suffisant, satisfait, ce Pharisien ne pense qu'à lui-même quand il est devant Dieu. En fait, il prend Dieu à témoin de ses capacités morales et religieuses. Ainsi l'amour de soi et l'égoïsme rendent le Pharisien vaniteux, ne laissant plus de place en lui pour la présence de Dieu humble et miséricordieux.

Donc le Pharisien ne peut aimer personne d'autre que lui-même et il commence à juger les autres.

Ainsi, le grand péché du Pharisien pendant la prière est, en plus de la suffisance, de juger les autres. Il ne se compare pas à d'autres Pharisiens, aux gens de sa catégorie sociale, mais aux personnes considérées d'un point de vue moral en-dessous de son niveau, pour qu'il puisse être plus haut qu'eux.

D'autre part, nous voyons que le publicain est dans une position humble, regardant vers le bas et admettant de cette façon qu'il aime aussi les choses profanes. Il prie donc Dieu de lui pardonner ses péchés qui l'ont fait esclave des choses provisoires terrestres; et admet sincèrement qu'il n'a aucun mérite et que son salut dépend seulement de la pitié de Dieu.

L'humilité est le fondement de la vie Chrétienne. Pourquoi ? Parce que l'homme humble dénie le "moi", ne cède pas à l'égoïsme et se trouve alors empli de l'amour humble et miséricordieux de Dieu. C'est pourquoi aucun homme fier ne peut véritablement aimer les autres. Seul l'homme humble, empli de l'amour humble de Dieu peut véritablement aimer autrui.

Le Pharisien fier n'aime pas son prochain mais le juge. Alors qu'un homme humble qui fait de bonnes actions avec modestie et avec l'amour de Dieu, peut vraiment aimer son prochain comme Dieu l'aime. Donc, il prie non seulement pour lui, mais aussi pour ceux autour de lui et pour le salut de tous les hommes. Sans humilité donc, l'amour charitable ne peut pas être atteint, c'est à dire un amour qui n'est pas focalisé sur soi.

En fait, l'humilité est la fondation de l'amour Chrétien, elle est la vertu la plus haute, comme Saint Isaac le Syrien le dit quand il parle du repentir. Elle n'est pas une vertu comme les autres, mais celle qui soutient toutes les autres. L'humilité soutient le véritable amour aussi, car l'homme humble sait qu'il est devant Dieu et peu importe comment combien il est pur, sa pureté ne peut jamais être à l'égal de la sainteté de Dieu et sa bonté ne peut jamais être à l'égal de la bonté de Dieu. C'est pourquoi il reste toujours humble parce qu'il ne se compare pas aux autres personnes mais à Dieu bon et miséricordieux.

Quand nous nous comparons aux gens autour nous pouvons avoir le sentiment que nous sommes plus élevés qu'eux, mais si nous nous comparons à Dieu bon et saint, nous restons humbles parce que jamais nous n'aurons fait tout le bien que nous devrions avoir fait et jamais nous n'aurons atteint l'humilité de Dieu.

"Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé."

écrit par le père Léon

Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire (13 Octobre 2019) par le père Léon

Frères et Soeurs,
En ce dimanche, l'évangile va particulièrement nous inviter à la reconnaissance, celle qui nous apprend à dire ce mot : "Merci !". Comme Jésus en présence d'un Samaritain qui vient lui témoigner sa reconnaissance. Et nous voici maintenant rassemblés pour louer le Seigneur, lui confier nos vies.

Est-ce que nous pensons à le remercier et à lui rendre grâce pour tous ses bienfaits ? Nous sommes souvent comme des aveugles : nous sommes tellement habitués aux bienfaits de Dieu que nous les remarquons à peine. Et pourtant, ces dons de Dieu sont nombreux : pensons à la vie qui nous est conservée, la foi qui nous est donnée, la Parole de Dieu qui nous éclaire. Pour tous ces dons, nous devrions dire un merci joyeux et spontané.

Pour moi, quand je me réveille, je me dis. "Merci Seigneur pour la journée que tu me donnes" La vie de chaque jour n’est pas une évidence. chaque jour est un cadeau que Dieu nous donne. Bien sûre, il y a des difficultés et des souffrances. Néanmoins, notre vie est toujours une reconnaissance en vers Dieu. Nous ne devons pas oublier le Seigneur tous les jours.

Dans l’Évangile, dix lépreux vinrent à la rencontre de Jésus et lui crièrent "prends pitié de nous".

Ces dix lépreux avaient un désir fou d’être guéris de cette maladie horrible qui faisait d’eux des exclus. Et ils ont bravé les interdits pour venir jusqu’à lui. En fait ils ont quand même manifesté envers Jésus trois signes de confiance en se disant : il ne fuira pas notre contact et il nous guérira; puis en acceptant de repartir pour aller se montrer devant les prêtres avant même d’avoir vu les signes de leur guérison, qui interviendra en cours de route.

Mais pourquoi se montrer aux prêtres ? C’est que seuls ces derniers pouvaient attester de la guérison d’un lépreux et ainsi confirmer sa réadmission dans la société dont il était exclus à cause de sa lèpre. Le premier souci de Jésus est donc que ces lépreux puissent vivre en hommes libres au coeur de la cité.

Toutefois un seul lépreux est passé de la confiance spontanée à la reconnaissance véritable. Le Syrien Naaman aussi s’est lavé seulement dans l’eau du Jourdain mais il n’a pas cru qu’il guérirait de la lèpre. Il fut cependant guéri et il se réjouit de ce mystère. Après, il devient un homme qui a confiance. Il ne veut plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d’autres dieux qu’au Seigneur Dieu d’Israël. La vraie guérison conduit au repentir du coeur. Et quand ce coeur est dirigé vers Dieu, nous goûterons le salut. Par contre, pour 9 des dix lépreux guéris, Jésus ne les intéressait plus dès lors qu’ils avaient été guéris : ils n’avaient plus besoin de lui.

Finalement ils ont été guéris dans leur corps mais pas dans leur coeur. Quand Jésus nous guérit ou nous envoie une grâce, c’est pour nous parler, pour entrer en relation avec nous, pour ouvrir et guérir, libérer notre coeur ; c’est pour nous délivrer de la lèpre de la solitude, du repli sur soi, du manque d’amour. Les 9 lépreux n’ont pas éprouvé le besoin d’être guéris de cela, de recevoir une guérison plus importante encore : celle du coeur.

Regardons maintenant le dixième lépreux. C’est un étranger, un Samaritain : il a su discerner que l’amour de Dieu envers lui était derrière le geste de Jésus ; aussi il glorifie Dieu et rend grâce.

Revenir vers Jésus avant d’aller voir les prêtres lui semble naturel. Il est le seul finalement à avoir établi une relation vraie avec Lui, avec Dieu. Et par là il est le seul qui accepte d’être totalement guéri, « d’être sauvé », comme le fait remarquer Jésus. Jésus lui dit "Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé."

Pour cet homme, la guérison physique n’a pas été le but ultime de sa démarche ; il a pressenti qu’elle serait pour lui le moyen de rencontrer Dieu, comme une nouvelle naissance. Guérir de la lèpre, c’est retrouver une peau comme celle d’un enfant. Revenir vers Jésus et se laisser relever par lui comme le lépreux, c’est retrouver une âme d’enfant.

Frères et soeurs, la bonne nouvelle de ce dimanche nous redit que la suite du Christ est un appel à vivre comme des hommes et des femmes éveillés, à l’écoute des moindres signes du Seigneur dans nos vies comme le Samaritain de l’évangile. C’est cette foi qui purifie véritablement et qui sauve, et qui fait ainsi monter en nos coeurs cette louange qui nous fait dire à Dieu combien nous l’aimons, qui nous fait l’adorer, qui se fait action de grâce pour cette vie de Dieu qui nous est donnée en partage. Tel est le sens de notre action de grâce en ce dimanche. Amen.

écrit par le père Léon

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