Paroisse Notre Dame de l'Assomption
Ham

Homélie pour la fête du Saint Sacrement du Seigneur - Professions de foi (6 juin 2021) par le père Léon

Chers jeunes, chères familles,

Aujourd’hui est un jour de joie, un jour de fête : quelques-uns parmi nous font aujourd’hui leur profession de foi. Par cet acte, vous allez dire, à l’ensemble de la communauté chrétienne, que la foi professée par vos parents, parrains et marraines, au jour de votre baptême ; vous désirez la faire votre. Par cet acte, vous entrez dans une nouvelle étape de votre vie : vous prenez en mains votre chemin de foi ! Vous décidez de marcher, toute votre vie durant, en disciple et en ami du Christ, d’en être son témoin !

Chers jeunes, aujourd’hui, vous professez votre foi et je vous encourage à continuer sur ce chemin. Ce n’est pas un chemin toujours facile, mais c’est le seul chemin sur lequel nous trouvons la joie. Pour cela, continuez ce chemin afin de recevoir l’Esprit Saint par le sacrement de la confirmation. Comme nous le dit saint Paul, c’est en nous laissant conduire par l’Esprit de Dieu que nous devons enfants de Dieu, que nous découvrons que Dieu est proche de nous alors que nous nous sentons si loin de lui !

C’est pour cela, ne restez pas seul dans votre coin ! Prenez le temps de nourrir votre foi par la prière, la lecture de la Parole de Dieu, le partage entre vous mais aussi par ce que nous vivons maintenant : en venant vous nourrir à la source même de l’Eucharistie.

Lorsque nous célébrons l’eucharistie, nous faisons mémoire de l’offrande que Jésus a fait de sa vie pour que les hommes puissent vivre en communion avec Dieu. Mais la foi de l’Église ne consiste pas simplement en l’évocation du souvenir de la mort et de la résurrection de Jésus. Jésus a donné à ses disciples le commandement de faire ce qu’il avait fait. Je le dirai moi-même tout à l’heure, après avoir prononcé les paroles de la consécration :

« vous ferez cela en mémoire de moi ». Ceci signifie que le pain et le vin que nous offrons deviennent réellement par la puissance de l’Esprit, aujourd’hui, dans notre présent, le corps et le sang de Jésus. Notre communion au corps du Christ, telle que nous allons la vivre, n’est pas simplement un geste commémoratif mais elle permet d’entrer en communion avec le sacrifice du Christ de la façon la plus étroite. Ce pain consacré qui est son corps devient, quand nous le mangeons, la substance même de notre vie. De la même manière que, lorsque nous mangeons du pain, celui-ci disparaît pour devenir nous-mêmes, quand nous mangeons le corps du Christ, le pain qui le représente disparaît en nous pour nous identifier au Christ mort et ressuscité. Ainsi, cette communion n’est pas simplement un sacrifice extérieur par rapport aux commandements que Dieu nous donne et à notre volonté d’y obéir, c’est le même mouvement qui fait de nous des auditeurs de la parole de Dieu, et des acteurs de la volonté du Père à travers toute notre vie.

Nous venons célébrer l’eucharistie en portant notre vie et en la mettant dans la vie du Christ pour que la vie du Christ vienne en nous et transforme notre vie. Aussi, en repartant de l’eucharistie, nous sommes à la fois éclairés par la parole de Dieu, fortifiés par la communion au corps et au sang du Christ pour que notre manière de vivre soit conforme à ce que Dieu attend et souhaite pour nous, et qu’elle devienne ainsi un témoignage de l’alliance que Dieu veut conclure avec l’humanité.

La foi dans la présence réelle de Jésus au Saint-Sacrement de l’eucharistie, c’est la conviction que le pain que nous recevons, et sur lequel vous dites « Amen », c’est le corps du Christ : je crois que ce pain que je reçois est le corps du Christ. Cette conviction que le Christ est réellement et activement présent dans l’eucharistie est au cœur de la vie de l’Église. C’est par notre communion à la réalité de cette présence du Christ que nous annonçons et que nous espérons que chacune et chacun d’entre nous, et l’Église tout entière, sont entraînés dans une vie nouvelle, vie d’obéissance à la parole de Dieu, de témoignage rendu à la miséricorde de Dieu, d’espérance que d’autres hommes et d’autres femmes à travers notre communion au Christ peuvent eux aussi trouver leur chemin pour rencontrer Dieu.

Frères et sœurs, en ce jour où nous fêtons le Saint-Sacrement, nous sommes dans la joie d’être associés à l’alliance conclue entre Dieu et l’humanité à travers le sacrifice du Fils, et aussi à l’appel qui nous est adressé pour que notre vie devienne un sacrifice d’agréable odeur et qu’elle puisse entraîner l’humanité dans l’alliance avec Dieu.

Chers jeunes, comme vous confessez à dire « Je crois en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit », c’est laisser Dieu s’approcher de vous, lui donner la permission de faire irruption dans votre vie et de devenir pleinement celui ou celle pour quoi il vous a créé : être son enfant ! Vous êtes un adulte parfaitement accomplit quand vous découvrez que vous êtes enfants de Dieu et combien vivre de l’amour de Dieu est une source de joie infinie. Soyez dans la joie avec le Seigneur, que le Seigneur vous bénisse.

écrit par le père Léon

Homélie pour la fête de la sainte Trinité - Première des communions (30 mai 2021) par le père Léon

. Là, déjà, le mot « Trinité », c’est un peu compliqué. Un seul Dieu, 3 personnes. Et quand on dit ça, on ne comprend rien… Comment peut-on être à la fois un seul et trois ? En fait, on ne sait pas bien.

Pourquoi croyons-nous cela ? Parce que Jésus nous l’a dit. Il nous a dit « Le Père m’a tout donné », cela veut dire que le Père, ce n’est pas Lui. Et, en même temps, Il dit « le Père et moi, nous sommes Un », donc ils sont pareils, un seul. Puis, après, on a entendu, aujourd’hui, « tout ce que possède le Père est à moi », donc le Père ce n’est pas Lui, mais Il a tout ce que possède le Père… « Voilà pourquoi Je vous ai dit : l’Esprit reçoit ce qui vient de Moi », et qu’est-ce que Jésus reçoit ? Tout Dieu, et Il vous le donne. Il vous le donne ! Donc, la communion trinitaire, c’est le fait que le Père, le Fils et le Saint Esprit soient unis. « Communion » signifie « unis avec ». Que le Père aime le Fils, que le Fils aime le Père, que l’Esprit Saint aime le Père et le Fils, et que le Père et le Fils aiment l’Esprit Saint. En fait, vous remarquez qu’il y a un mot qui revient toujours : c’est le mot « aimer ».

Quand on parle de la Sainte Trinité, on veut dire : Dieu aime. C’est ça, la grande nouveauté. Il n’y a que les chrétiens qui disent que Dieu est Trinité, mais il n’y a que les chrétiens qui disent que Dieu est Amour. Dieu est « tri », Dieu est trois personnes parce qu’IL est Amour. Et s’Il n’était pas trois personnes, Il ne pourrait pas être Amour. Donc, c’est une bonne nouvelle : Dieu nous aime, Dieu est amour. On ne peut pas Lui enlever ça. S’Il n’était pas Trinité, on pourrait croire que l’amour est une de Ses qualités qu’on pourrait enlever, comme on pourrait dire « Victor, aujourd’hui, je t’aime et demain je ne t’aime plus. » Mais Dieu ne fait pas ça, Il est fidèle, absolument fidèle. Il ne sait faire qu’une seule chose, c’est aimer.

Et là, arrive la 2e grande nouvelle : Dieu veut nous faire entrer dans son amour. Dieu veut nous faire entrer dans Son amour, Il veut nous faire entrer dans Sa « communion » et c’est pour cela que ce que vous allez vivre, dans quelques instants, cela s’appelle une communion. Parce que vous allez recevoir le cadeau de Dieu, et qu’est-ce que c’est ? C’est Dieu tout entier ! Et cela tombe bien car la semaine dernière on a fait une grande fête, vous vous souvenez ? Quelle était cette grande fête ? la Pentecôte ! Et qu’est ce qui s’est passé à la Pentecôte ? On a reçu l’Esprit Saint. Et lorsqu’on Le reçoit comme cadeau, l’Esprit nous transforme en Fils de Dieu et fille de Dieu. On devient comme Jésus. Et là, dans quelques instants, qu’est-ce que vous allez recevoir ? Jésus ! Jésus lui-même, qui va venir habiter dans votre cœur pour faire de vous des enfants de Dieu. Fils et fille de Dieu. Et vous, dans votre cœur, que va-t-il se passer ? Dieu va venir en vous, le Saint Esprit va venir en vous, le Fils va venir en vous et, en vous, Il va aimer… le Père, et pas seulement : en vous, l’Esprit Saint va aimer le Fils et, en vous, le Fils va aimer l’Esprit Saint, etc. Cela pourrait durer longtemps comme cela…

Mais, en plus, Dieu, en vous, va pouvoir aimer… les autres. Quand vous aller recevoir l’Eucharistie dans quelques instants, vous allez entrer dans une communion avec Dieu, dans la Trinité. Et vous allez entrer en communion avec les autres, tous ceux qui sont là et qui aujourd’hui vont communier. Et nous sommes tous membres d’un seul corps, le Corps du Christ, qu’on appelle l’Église. En fait, quand vous allez communier dans quelques instants, vous allez faire grandir le corps de l’Église. Si nous communions en vérité, en voulant entrer dans une relation intime avec Dieu, alors la sainteté de l’Église, la sainteté du monde, grandit ! Cela dépend de nous. En fait, c’est la mission que Dieu nous a confiée : comme l’évangile jour : « Allez! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. » Accueillir Dieu dans nos vies pour que le monde se rapproche de Dieu. C’est notre mission et puis nous sommes tous missionnaire par le baptême, unis au Christ.

Chers enfants, dans quelques instants, quand vous allez recevoir l’Eucharistie, vous serez tellement unis à Jésus, Lui, Il vous aime, et vous vous pourrez L’aimer, et c’est cela la bonne nouvelle !

Frères et sœurs, prions le Seigneur pour ces enfants qui vont communier pour la première fois. Demandons pour eux la grâce de la fidélité à la Communion, à la Messe. Prions pour que leurs parents les soutiennent et les encouragent. Prions pour qu’ils portent et pour que nous aussi nous portions des fruits en abondance selon ce que Dieu veut. Amen !

écrit par le père Léon

Homélie pour la Pentecôte (23 mai 2021) par le père Léon

Bienvenue à chacun et chacune d’entre vous pour célébrer une belle fête de la Pentecôte.

Voici l’Eglise dans la fraîcheur de sa jeunesse, soulevée par le souffle de l’Esprit. Voici l’Eglise aujourd’hui qui ne cesse de renaître à travers nous par le même souffle de l’Esprit. Préparons-nous donc à accueillir l’Esprit Saint pour que nous puissions renouveler notre foi.

Dans la première Lecture de la liturgie d’aujourd’hui, la venue de l’Esprit Saint à la Pentecôte est comparée à « un violent coup de vent » (Ac 2, 2). Que nous dit cette image ? Le coup de vent violent fait penser à une grande force, mais qui n’est pas une fin en soi : c’est une force qui change la réalité. Le vent, en effet, apporte du changement : des courants chauds quand il fait froid, des courants frais quand il fait chaud, la pluie quand il fait sec… Ainsi fait-il. L’Esprit Saint aussi, à un tout autre niveau, fait de même : il est la force divine qui change, qui change le monde. La Séquence nous l’a rappelé : l’Esprit est « dans le labeur, le repos, dans les pleurs, le réconfort » ; et nous le supplions ainsi : « Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé ». Il entre dans les situations et les transforme ; il change les cœurs et il change les événements.

Il change les cœurs. Jésus avait dit à ses Apôtres : « Vous allez recevoir une force quand le Saint Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins » (Ac 1, 8). Et il en fut exactement ainsi : ces disciples, auparavant craintifs, confinés dans une chambre fermée même après la résurrection du Maître, sont transformés par l’Esprit et, comme Jésus l’annonce dans l’Évangile de ce jour, lui rendent témoignage (cf. Jn 15, 27). Titubants, ils sont devenus courageux et craintifs quand Jésus était parmi eux, ils sont devenus audacieux sans lui, car l’Esprit a changé leurs cœurs.

Aujourd’hui donc, nous apprenons ce qu’il faut faire quand nous avons besoin d’un vrai changement. Qui d’entre nous n’en a pas besoin ? Surtout quand nous sommes à terre, quand nous peinons sous le poids de la vie, quand nos faiblesses nous oppriment, quand aller de l’avant est difficile et aimer semble impossible. Alors, il nous faudrait un ‘‘fortifiant’’ efficace : c’est lui, la force de Dieu. C’est lui qui, comme nous le professons dans le ‘‘Credo’’, « donne la vie ». Comme il nous ferait du bien de prendre chaque jour ce fortifiant de vie ! Dire, au réveil : « Viens, Esprit Saint, viens dans mon cœur, viens dans ma journée ».

L’Évangile aujourd’hui ravive à notre mémoire la promesse de Jésus de nous donner l’Esprit Saint. Ce dernier est présenté comme un Défenseur qui nous fera nous souvenir de tout ce que Jésus a enseigné, et qui fera entrer les disciples dans la Vérité, qui est de connaître le Père et son envoyé Jésus Christ. C’est là un aspect fondamental de la Pentecôte qui est de nous introduire dans cette connaissance intérieure du Seigneur Jésus, lui qui est désormais auprès du Père.

C’est pourquoi il ne faudrait pas croire que le don de l’Esprit Saint signifie une rupture entre Jésus et ses disciples, comme si ce dernier avait terminé sa tâche et qu’il pouvait tout simplement rentrer dans l’oubli. Car il y a dans le don de l’Esprit Saint le don du Seigneur Jésus lui-même, qui le rend encore plus proche de nous. Rappelez-vous la prière de Jésus à son Père avant sa passion quand il lui disait :

« Père je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

Quand Jésus parle du don de l’Esprit Saint, il le fait toujours en lien avec la vie intérieure des disciples. Il évoque toujours une forme de connaissance nouvelle et plus profonde de qui il est, de qui est Dieu. L’Esprit de Vérité dont parle Jésus, cet Esprit qui enseigne et qui fait se souvenir les disciples des enseignements du Maître, il poursuit en nous l’action du Christ enseignant. Il réalise la promesse de Jésus de ne pas abandonner ses disciples et de continuer ainsi à les former afin qu’ils deviennent des hommes et des femmes selon son cœur.

Avec la Pentecôte, Le Seigneur Jésus Christ désormais n’est plus confiné à un territoire géographique, à une époque, à une culture, ou même aux limites d’un corps humain. Il peut désormais se donner à tous par le don de l’Esprit Saint, l’Esprit d’amour et de Vérité qui nous rend capables d’aimer Dieu, comme Jésus et avec lui, qui nous rend capables d’aimer le prochain, comme Jésus et avec lui.

Voyez-vous, l’Esprit que Jésus nous envoie nous éveille à plus grand que nous, il nous réchauffe le cœur pour un plus grand amour : parce qu’il est lumière, il est vérité, il est amour ! Il fait la paix et la communion entre nous, il fait le pardon ! Il est le fondement même du sérieux de nos vies, car il met en nous le souffle du Ressuscité ! Voilà le grand mystère que nous célébrons en cette fête de la Pentecôte.

Viens, Esprit Saint, change-nous intérieurement et renouvelle la face de la terre ! Viens encore faire de nous de témoins du Christ. Viens nous rendre capables de nous accueillir les uns et les autres, « lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé. »
Et apprends-nous à rendre grâce ! Apprends-nous à vivre l’accomplissement de la Loi qui consiste à aimer Dieu et le prochain comme soi-même. Viens, Esprit Saint, renouvelle en nous, dans notre communauté, le don d’aimer.

Enfin, avec la Pentecôte, je vous propose aujourd’hui, cette semaine, gardez cette feuille de lire, de méditer, un conseil de Cardinal Mercier : " Je vais te révéler un secret de sainteté et de bonheur. Si tous les jours, pendant cinq minutes, tu sais faire taire ton imagination, fermer tes yeux aux choses sensibles et tes oreilles à tous les bruits de la terre pour rentrer en toi-même, et là dans le sanctuaire de ton âme baptisée, qui est le temple du Saint-Esprit, parler à ce Divin Esprit en lui disant : « Ô Esprit Saint, âme de mon âme, je t’adore, éclaire-moi, guide-moi, fortifie-moi, console-moi, dis-moi ce que je dois faire, donne-moi tes ordres. Fais-moi seulement connaître ta volonté. Amen. » Cardinal Mercier

écrit par le père Léon

Homélie pour le 7ème dimanche de Pâques (16 mai 2021) par le père Léon

En ce dimanche, comment ne pas penser aux disciples qui se retrouvent après l'Ascension, le coeur plein de nostalgie et de doutes... Mais ne restons pas là à regarder le ciel: de certitude intérieure, nous savons que Jésus est vivant; alors, soyons Eglise en prière et, dans la foi et l'espérance, attendons l'Esprit de Pentecôte, guettons les signes de l'Esprit... Frères et sœurs, l’évangile d’aujourd’hui nous rend témoins d’une prière très intime de Jésus. Il prie pour ses disciples, donc aussi pour nous. Il prie pour que nous soyons un comme lui est un avec son Père, il prie pour que nous ayons en nous la joie en plénitude, pour que nous soyons saints en vérité, pour que le Père nous garde du mal. Jésus veut notre bien et sa prière exprime son désir que nous soyons heureux.

La demande centrale de cette prière est : « qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. » On pourrait demander ironiquement : peut-on être chrétien et être joyeux ? Si oui, ce que je crois, qu’est-ce qui peut nous remplir de joie réellement ? Il y a plusieurs sources, plusieurs raisons que Jésus mentionne dans sa prière pour nous.

Tout d’abord ce qui peut nous combler de joie c’est notre conscience d’être enfants du Père qui nous aime tels que nous sommes, en vérité. Jésus prie : « sanctifie-les dans la vérité », c’est-à-dire montre-leur que tu les aimes tels qu’ils sont, en vérité. Être aimé gratuitement et en vérité, sans peur, apporte la joie. Nous expérimentons quelque chose de cela aussi dans certaines de nos relations. Quand nous pensons à un être qui nous est cher, que nous aimons, cela nous comble de joie tout naturellement.

Ce qui peut nous remplir de joie c’est aussi la communion avec Dieu et l’unité entre nous. Jésus prie pour que nous soyons un avec le Père, que nous soyons unis dans son nom. Cela veut dire que Jésus veut nous introduire dans la joie intime de Dieu, dans les profondeurs de la Trinité, dans les relations intra-trinitaires. C’est pour cela qu’en étant Dieu, il est devenu homme, l’un de nous ; pour que nous entrions dans la Trinité. C’est pour cela qu’il nous donne sa parole et aussi son corps et son sang comme des moyens d’entrer dans la communion avec lui, et par lui avec le Père et l’Esprit Saint. Une réalité vertigineuse qui se joue durant chaque Eucharistie. Pendant chaque Eucharistie nous entrons à nouveau dans une communion d’amour avec Dieu.

Une autre source de joie pour nous peut être le désir de Jésus que nous soyons saints. Il dit au Père : « Père saint… sanctifie-les dans la vérité ». Le Père est saint et Jésus demande que nous aussi nous soyons saints. Dans la Bible, être saint veut dire être séparé, mis à part, être différent. On peut dire donc que d’un côté être saint c’est vivre une communion entre nous et Dieu, entre chacun de nous, et de l’autre côté, être saint veut dire être séparé du mal (dans le langage de saint Jean : être séparé du « monde », c’est-à-dire de ce qui est mauvais). La sainteté qui est la vocation de chacun de nous, sans exception, est d’abord l’œuvre de Dieu en nous, si seulement nous lui permettrons d’entrer chez nous. Comme il dit dans livre de l’Apocalypse : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Ap 3, 20)

Cette perspective d’être saint, transfiguré et libéré du mal définitivement peut nous combler de joie. Le mal n’aura pas le dernier mot sur nous ! Nous appartenons au Christ et avec lui nous sommes mis à part, séparés du mal.

Appartenir au Christ nous donne donc une sécurité et aussi une joie. St Paul dit dans sa lettre aux Romains : « J’en ai la certitude : (…) rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. » (Rm 8, 38-39). Mais appartenir à Dieu n’est pas juste un privilège des chrétiens ; c’est la vocation de tous les hommes. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, c’est-à-dire qu’ils soient saints, séparés définitivement du mal.

Frères et sœurs, comment entrer en communion avec Dieu et entre nous ? Comment nous séparer du mal ? Comment devenir saint ? Il y a une clé pour cela et saint Jean nous en parle dans sa première lettre : c’est l’amour. Il dit : « Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui ». Alors, demandons au Seigneur de nous aider à aimer et à nous laisser aimer. Comme ça il sera présent encore plus dans ce monde.

écrit par le père Léon

Homélie pour le 6ème dimanche de Pâques (9 mai 2021) par le père Léon

En ce sixième dimanche de Pâques, Jésus nous expose dans l’Evangile son enseignement sur l’amour, son commandement par excellence. Dans les dimanches précédents Jésus nous a déjà parlé de ce sujet, mais en ayant recours à des paraboles : celle du bon berger qui connait ses brebis et qui donne sa vie pour elles ; et celle de la vigne et des sarments, ces derniers ayant besoin de rester attachés à la vigne et bien taillés pour porter des fruits.

Le récit évangélique d’aujourd’hui fait également partie du discours prononcé par Jésus au cours du dernier repas, le Jeudi Saint. Jésus parle à ses disciples avant de se laisser conduire à la mort, et il le sait. Ses paroles sont donc à accueillir sur le ton de la confidence, du recueillement, et c’est d’amour qu’il s’agit. Nous avons là une véritable déclaration d’amour, un appel à nous laisser aimer pour aimer à notre tour.

Pourtant il n’est pas facile d’aimer, d’aimer en vérité ! Nous connaissons tous dans nos familles, dans nos lieux de vie, de travail, de contact humain, des tensions, des affrontements et des divisions. Elles sont parfois inévitables et même nécessaires quand il faut défendre ce qu’on estime être le vrai contre le faux, le droit contre la justice, le bien contre le mal. Jésus n’a cessé de le faire et de le vivre durant sa vie. Il n’a cessé d’aimer, de faire exister, de mettre l’homme debout et, confidence inouïe de sa part, il désire faire de nous ses amis. Devenir l’ami de Jésus, et le demeurer, jusqu’au bout !

A son époque, Jésus n’était certes pas le premier à dire la grandeur et la beauté de l’amitié. Quoi de plus beau que de donner sa vie pour un ami, affirmaient déjà des philosophes grecs.

Mais l’évangile de Jean, nous donne le secret d’un tel amour : la relation d’échange qui existe entre Dieu et Jésus.

Jésus nous révèle un Dieu Père, un Père qui l’aime et avec lequel il ne cesse de demeurer dans l’amour. Aimer, demeurer : deux mots qui reviennent souvent dans l’évangile. Et cette relation que Jésus a avec son Père, il l’a de même avec ses disciples. Le lavement des pieds en est une magnifique illustration. Alors Jésus se tourne vers nous et nous dit : « Faites de même. Vivez cet amour mutuel, très concrètement entre vous, et dans la durée ». Demeurer dans l’amour ! Comment faire ? Il s’agit d’obéir et de garder les commandements, écouter la Parole et la mettre en pratique : « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres ». On aurait pu imaginer Jésus terminant sa phrase par : « un point c’est tout », ou « à bon entendeur, salut ». Et bien non, Jésus nous dit : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite ».

Oui, aimer ce n’est pas facile. Aimer demande des efforts. Mais n’oublions pas d’entendre Jésus nous dire : « C’est vrai, mais, donner sa vie pour ceux qu’on aime, conduit à la joie parfaite ».

Frères et sœurs, aimons comme Jésus pour demeurer dans la joie, la joie parfaite. Elle est autre que celle que nous propose le monde. C’est une joie pure qui tourne son regard vers Dieu, qui ne fait aucun retour sur elle-même et qui accepte d’être un espace libre où Dieu peut encore et toujours créer. Pour aimer vraiment, il faut être pauvre, petit, humble.

Le pape François a dit : nous sommes tous appelés à être des saints et des saintes en vivant avec amour, et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve.

Es-tu une consacrée ou un consacré, Sois saint en vivant avec joie ton engagement. Es-tu marié ? Sois saint en aimant et en prenant soin de ton époux ou de ton épouse, comme le Christ l’a fait avec l’Église. Es-tu un travailleur ? Sois saint en accomplissant honnêtement et avec compétence, ton travail au service de tes frères et de tes sœurs. Es-tu père, mère, grand-père ou grand-mère ? Sois saint en enseignant avec patience aux enfants à suivre Jésus. As-tu de l’autorité ? Sois saint en luttant pour le bien commun et en renonçant à tes intérêts personnels.

À chacun et chacune, dit le pape, de trouver la voie qui lui correspond, sa manière propre de suivre le Christ. Tu as besoin de percevoir la totalité de ta vie comme une mission. Essaie de le faire en écoutant Dieu dans la prière, et en reconnaissant les signes qu’il te donne. Demande toujours à l’Esprit ce que Jésus attend de toi à chaque moment de ton existence et dans chaque choix que tu dois faire, pour discerner la place que cela occupe dans ta propre mission. Et permets-lui de forger en toi ce mystère personnel qui reflète Jésus-Christ dans le monde d’aujourd’hui.

Frères et sœurs, nous n’oublions pas que pour avoir quelque chose à donner, il faut d’abord recevoir. C’est pour cela que Jésus nous demande de “demeurer” dans son amour. Demeurer, c’est tout un programme : c’est nous installer dans cet amour qui est en Dieu. Si nous baignons dans l’amour de Dieu, nous ne regarderons plus les autres comme des étrangers mais comme des frères. Ensemble, nous pourrons découvrir le vrai visage du Dieu de la joie.

« Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres ».

écrit par le père Léon

Homélie pour le 5ème dimanche de Pâques (2 mai 2021) par le père Léon

Frères et sœurs,
Cinquième dimanche de Pâques : c'est encore et toujours Jésus-Christ ressuscité que nous fêtons, Jésus vivant avec nous ; c'est lui qui nous rassemble. Nous sommes heureux de venir nous ressourcer près de lui : comme les sarments se nourrissent de la sève de l'arbre et de la lumière du soleil, nous venons nous nourrir de la vie du Christ, afin de devenir des hommes et des femmes remplis d'espérance.

Le Christ est ressuscité… et nous avec lui ! Oui, déjà nous vivons de sa Vie éternelle, et même si un jour nous passerons tous par la mort, nous savons que nous vivrons pour toujours avec lui dans le Royaume. Voilà, en tant que chrétiens, notre foi et notre espérance !

Mais sont-elles vraiment nôtres ? … Nous apportent-elles lumière et joie au quotidien de nos existences ? … Tout autre que les rêves et les espoirs si souvent déçus, l’Espérance ne peut décevoir puisqu’elle est le fruit de l’Esprit Saint qui a été répandu en nos cœurs et qui nous établit dans une confiance inébranlable en Celui qui a promis, le Dieu fidèle et vrai. Ce qu’il a réalisé en son Fils bien aimé Jésus, en le ressuscitant, il le réalisera aussi en nous qui sommes unis au Christ. Et déjà il le réalise ! …

C’est dans ce contexte qu’il nous faut entendre l’Evangile de ce dimanche : Jésus lui-même nous affirme qu’il est la vigne, et nous les sarments. Dimanche dernier, il se présentait comme le berger, le vrai, le bon pasteur, en relation profonde, intime avec chacune de ses brebis : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. »

À leur tête, il va jusqu’à livrer sa vie pour elles. Il y a donc un lien très fort entre le berger et les brebis. Mais aussi intime que soit cette relation elle ne peut supprimer la différence de nature qui existe entre le berger et les brebis. Le berger et la brebis peuvent exister indépendamment l’un de l’autre.

Aujourd’hui, Jésus fait appel à une autre image, celle de la vigne : « Je suis la vigne, et vous les sarments. » Ici, plus de distance ni de séparation. Il n’y a qu’un unique organisme puisque la vigne n’existe pas sans le cep et les sarments… et que les sarments, hors du cep ou à l’écart de la vigne, se dessèchent et meurent. Alors, pour quoi Jésus nous parle de la vigne ? Que nous dit-elle ? Essentiellement trois choses.

D’abord que, si nous sommes chrétiens, nous vivons de la vie même du Christ. Les sarments d’une vigne n’ont pas d’autre vie que celle qu’ils reçoivent du cep qui les porte. Cela, nous ne pouvons même pas l’imaginer. Les parents peuvent donner la vie à leurs enfants ; mais ils n’ont pas la même vie. Des époux qui s’aiment réalisent l’union la plus étroite qui soit entre deux vies ; mais ils n’ont pas la même vie. Le Christ, lui, nous communique sa vie, pour qu’elle soit la nôtre. Paul le dira à sa façon : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. » Demeurer en lui, c’est vivre de sa vie. S’en éloigner, c’est la perdre, c’est devenir un sarment sec, bon à couper et à brûler. La vie chrétienne, c’est cela. Ce n’est pas une vie humaine améliorée, c’est la vie même du Christ qui prend forme dans notre vie humaine.

Ensuite, demeurer dans le Christ est une promesse de fécondité. Les grappes de raisin sont-elles les fruits du cep ou des sarments ? Des deux, indissociablement. Le cep porte ses fruits dans les sarments. Sa fécondité s’exprime en et par eux. Il en va pareillement de nous, si nous demeurons liés au Christ : il porte des fruits en nous !

« Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruits. » Attention, il ne faut pas se méprendre. Ce n’est pas tant nous-mêmes qui portons des fruits, que le Christ qui produit ses fruits par nous. Certes, ce sont nos fruits, mais ils proviennent de sa vie. Nous, bien souvent, nous attribuons au Christ des œuvres qui ne viennent que de nous, et pas de lui. Ou encore, nous nous glorifions des œuvres que nous accomplissons, alors qu’elles viennent de lui. La plus belle fécondité que l’on puisse connaître, c’est de produire les fruits que la vie du Christ suscite en nous et par nous. Et ce sont les fruits qui demeurent, parce que la vie du Christ ne passe pas, à la différence de notre vie humaine qui cessera un jour. Mais cela suppose qu’on le laisse agir, et que notre ego toujours prompt ne s’interpose pas entre lui et nous.

Il y a encore une indication dans cet enseignement que Jésus nous donne par cette allégorie. Tout sarment, le Père le nettoie, pour qu’il produise davantage. Littéralement, il l’émonde. La vigne est taillée pour porter davantage de fruit, et cette taille est douloureuse. On dit de la vigne qu’elle pleure lorsqu’elle est taillée. Eh bien, le Père nous taille, par les épreuves que nous rencontrons, nos limites, nos souffrances, nos fautes… mais il n’y en a aucune dont il ne puisse tirer du fruit. On a du mal, bien sûr, à accepter cette taille, mais on sait ce que devient une vigne non taillée : elle prolifère, s’étend, se disperse. Et son fruit décroît en qualité, le vin d’une vigne sauvage est imbuvable. C’est une loi humaine et c’est une loi divine. Un enfant qui n’est pas corrigé par ses parents, à qui on laisse tout faire, se répand en tous sens et finalement se détruit dans l’indétermination dans laquelle on l’a laissé grandir. Il en va de même pour les enfants de notre Père céleste que nous sommes : il nous corrige, pour que nous portions du fruit, si nous demeurons dans son Fils, le Christ.

Frères et sœurs, Jésus est la vraie Vigne. Mais comme il le dit, il faut bien que les sarments soient nettoyés par le vigneron pour produire des fruits de qualité. L’Apôtre Paul, peut très bien être cité en exemple de sarment nettoyé par le vigneron, et qui a porté beaucoup de fruits de qualité. Nous savons ce qu’il a été pour les disciples, au lendemain de la résurrection du Christ : un persécuteur. Mais touché par le ressuscité sur le chemin de Damas, il est devenu l’instrument de l’annonce de la Bonne nouvelle du salut. Demeurer lié à Jésus, c’est accepter de lutter contre ce qui opprime l’homme, de lutter contre nos penchants mauvais et d’entrer, s’il le faut, dans la passion du Christ, chemin obligé de sa résurrection et de sa glorification par le Père.

« Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

écrit par le père Léon

Homélie pour le 4ème dimanche de Pâques (25 avril 2021) par le père Léon

Frères et sœurs,
L’Église nous invite aujourd'hui à prier pour les vocations. Chacun d'entre nous est bien convaincu de cette impérieuse nécessité pour la vie de nos communautés paroissiales. Rassemblons nos énergies, nos volontés et prions pour que Dieu écoute notre appel.

Dans le récit des Actes des Apôtres que nous avons entendu, Pierre et Jean sont traduits devant le grand conseil pour rendre compte de la guérison du paralytique qui vient de s’accomplir. C’est pourquoi Pierre dit : « nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme et on nous demande comment cet homme a été sauvé » (Ac 4, 9). Mais cet interrogatoire lui est l’occasion d’une profession de foi : « celui qui donne la vie, celui qui donne le salut, celui qui donne la guérison c’est Jésus de Nazareth. C’est grâce au nom de Jésus le Nazaréen que cet homme se trouve là devant vous, guéri. Le nom de Jésus donné aux hommes est le seul qui puisse nous sauver » (Ac 4, 10 et 12). Ces propos de l’apôtre révèlent à ses auditeurs l’origine du signe de salut donné dans la guérison du paralytique et plus largement la nature de l’espérance offerte à tous : Jésus de Nazareth est le sauveur de tous les hommes

En ce 4eme dimanche de Pâques, l’Eglise offre à notre méditation la parabole du bon pasteur, du bon berger, de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il y a une relation très intime entre la Pâque et cette image du bon pasteur qui, si elle n’est pas évidente, est très facile à comprendre.

La Pâque est la mise en œuvre de son programme de bon pasteur, tandis que son discours, au chapitre 10 de saint Jean, est une peinture pour nous expliquer le sens de la Pâque. Le sacrifice de la Croix et la mort du Fils de Dieu ont un sens très concret et positif : le bon pasteur qui donne sa vie pour les brebis : c’est l’icône de l’Amour.

Jésus commence par nous dire : « Je suis le bon pasteur ». Saint Thomas d’Aquin écrit à ce propos : « Il est évident que le titre de “bon pasteur” convient au Christ, puisque de la même façon que le pasteur mène son troupeau au pâturage, le Christ nourrit ses brebis (nous tous) d’une nourriture spirituelle : son propre Corps et son propre Sang » .

Le berger donne sa vie pour ses brebis. Le sacrifice de la Croix se trouve au centre de la vie de Jésus en tant que pasteur : Il se donne lui-même pour une multitude et pas seulement dans un passé lointain. Dans la sainte Eucharistie, il réalise cela chaque jour.

C’est pourquoi, à juste titre, au centre de la vie sacerdotale et aussi de la vie chrétienne se trouve la sainte Eucharistie, dans laquelle le sacrifice de Jésus sur la Croix demeure sans cesse présent, réellement parmi nous. Dans chaque Messe nous sommes témoins de l’Amour infini de notre bon berger, Jésus-Christ : Ceci est mon Corps que Je livre pour vous, ceci est mon sang, versé pour vous.

Et, à partir de cela, nous apprenons également ce que signifie “célébrer” et “vivre” l’Eucharistie de manière adéquate : c’est une rencontre avec le Seigneur, caché sous l’hostie, humilié, qui renonce jusqu’à la fin du monde à sa gloire divine pour nous, et se donne ainsi comme nourriture, et comme notre compagnon de route.

Pour le prêtre et pour tout chrétien aussi, l’Eucharistie quotidienne, dans laquelle on revit à nouveau ce mystère d’Amour de Dieu, est très importante. Dans chaque Messe il faut nous placer une fois encore entre les mains de Dieu, faisant en même temps l’expérience de la joie de savoir qu’Il est présent, qu’Il m’accueille, qu’Il me relève toujours à nouveau et me porte, qu’Il me donne Lui-même la main. Il, Dieu, est là, et pour moi.

Et, de cette manière en conséquence, L’Eucharistie doit devenir pour nous une école de vie dans laquelle nous apprenons à donner notre vie. On ne donne pas sa vie seulement au moment de la mort et pas seulement dans le martyre. Nous devons la donner jour après jour. Je dois apprendre jour après jour que je ne possède pas ma vie pour moi-même. Jour après jour, je dois apprendre à m’abandonner moi-même ; à me tenir prêt pour cette chose pour laquelle Lui, le Seigneur, a besoin de moi sur le moment, même si d’autres choses me semblent plus belles et plus importantes. Donner la vie, ne pas la prendre. C’est précisément ainsi que nous faisons l’expérience de la liberté. La liberté de nous-mêmes, comme Jésus, de posséder la vie mais pour pouvoir la donner. Précisément ainsi, en étant utile, en étant une personne dont on a besoin dans le monde, notre vie devient importante et belle. Seul celui qui donne sa propre vie, la trouve.

Frères et sœurs aujourd’hui, c’est la journée mondiale de prière pour les vocations. Nous prions le Maître de la moisson, de susciter dans son peuple, des pasteurs à son image et selon son cœur, d’envoyer des ouvriers dans sa moisson : des ouvriers saints et zélés. Les ouvriers manquent cruellement, alors que Dieu n’arrête pas d’appeler : mais est-ce que nous ne manquons pas de générosité pour nous mettre à son service... déjà dans nos liturgies nous ne savons pas nous mettre au service de la communauté, comment alors avoir des gens qui consacrent leur vie entière à l’Évangile ! Toute chrétienne, tout chrétien est appelé à être responsable d’Église, c’est-à-dire à assumer, comme il peut, selon le charisme reçu de l’Esprit Saint, des services pour que cette Église soit vivante et au service du monde. Des services comme entraide, équipe de conduite pastorale, liturgie, chants, orgue, deuil, finances, fleurs, visites aux malades, catéchèse... Aucun de ces services n'est sans importance. Tous construisent l'Église.

Cette année notre paroisse devait élire nouvelles équipes de conduite pastorale. Je vous préviens que la consultation sera le mois prochain. Avec ECP, on vous rejoint dans quelques semaines comment ça se passe.

Enfin, dans le prolongement de l’évangile de ce jour, le Pape Paul VI en 1963 a institué cette journée mondiale de prière pour les vocations. « La moisson est abondante, disait Jésus, mais les ouvriers sont peu nombreux. » et il ajoutait : « Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson ». Prions donc pour les vocations : qu’ils soient saints et nombreux à se consacrer à l’Evangile.

Nous voyons maintenant très clairement comment le mystère pascal, de la mort et la résurrection de Jésus, est expliqué et préparé par cette belle parabole du Bon Berger. Jésus est notre vrai et unique Bon Berger, qui donne sa Vie pour nous, et qui nous appelle à faire de même à notre tour, à continuer son œuvre de salut, à devenir de bons bergers pour nos frères à son image.

écrit par le père Léon

Homélie pour le 3ème dimanche de Pâques (18 avril 2021) par le père Léon

Comme pour les apôtres, c’est au cœur de notre désarroi que Jésus nous dit : « La paix soit avec vous ». L'un de nous et tellement davantage, tellement humain, tellement divin qu'il vient aujourd'hui nous expliquer les Écritures et rompre le pain avec nous. Approchons-nous donc avec foi, avec confiance, du Seigneur Jésus.

Ce n'est pas la première fois que Jésus apparaît à ses disciples après sa résurrection. D’ailleurs, nous sommes ici tout de suite après une apparition, celle aux disciples d’Emmaüs. Ces deux hommes sont entrain de raconter leur expérience aux autres lorsque Jésus apparaît au milieu d’eux. Et quelle est leur réaction ? Ils étaient effrayés et croyaient voir un esprit ! Alors que quelques heures plutôt ils avaient invité Jésus à rester avec eux. Ils l’avaient reconnu à la fraction du pain. Jésus leur avait expliqué tout ce qui le concernait dans l’Ecriture et même en ayant vécu tout cela, ils ont encore eu du mal de, spontanément, croire que celui-là qui était devant eux était Jésus ressuscité et pas un esprit ! On pourrait presque se demander que le fait d’être un esprit allait les rassurer. C’est comme si ce qui leur faisait peur était justement le côté incarné de la situation.

Le mystère de l’incarnation ! Dieu qui se fait homme. Dieu qui prend notre chair et qui traverse notre existence comme l’un de nous. Cette incarnation que nous contemplons davantage à Noël s’accomplit ici, après la passion, par la Résurrection. D’ailleurs, l’accomplissement, c’est le fil rouge des apparitions du Ressuscité. Ou plutôt, l’explication de cela. « Il faut que s’accomplisse tout ce qui a était écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » Autrement dit, Dieu ne fait rien par la moitié. Dieu aime et c’est parce qu’il aime, qu’il sauve. Et Dieu est patient ! Il sait que nous avons besoin de temps. Il sait que nous sommes comme ces disciples qui même après avoir vu Jésus, avaient encore peur ! Il sait bien que nous avons besoin de le rencontrer.

L’expérience des disciples est tout d’abord l’expérience de la rencontre. La rencontre avec le Christ mais aussi la rencontre avec leurs propres fragilités, leurs questionnements, leurs peurs et surtout, la rencontre avec le changement radical de leurs certitudes. Ils sont obligés de vivre un déplacement intérieur et d’aller vers quelque chose de complètement nouveau. Ils doivent quitter leurs zones de confort pour s’émerveiller de ce qui est nouveau et qui change radicalement leur vie !

Après la résurrection de Jésus nous voyons qu’Il rappelle à ceux qu’il a choisi tout ce qu’il avait déjà dit avant sa passion. C’est comme si nous étions dans une grande et ultime révision avant l’examen. Et l’épreuve principale n’est pas de savoir qui sait le plus de choses sur Jésus, mais l’épreuve principale c’est d’être témoin ! Autrement dit, l’épreuve finale ce n’est pas de connaître seulement Jésus, mais c’est de le rencontrer et vivre avec lui, vivre de lui, et vivre par lui. En un mot : c’est d’être chrétien. Oui ! Et nous ne sommes véritablement chrétiens que si nous croyons à la passion, à la mort et à la résurrection du Christ, pour nous. Mais ce n’est pas simplement croire pour croire, mais c’est permettre que cette Bonne Nouvelle change notre vie, change notre cœur, change notre regard. Nous laisser déplacer aussi par cette Bonne Nouvelle.

Nous laisser interroger, émerveiller. Pour reprendre l’image de l’épreuve à l’examen, nous pouvons bien répondre aux questions à l’examen et, en quittant la salle, tout oublier. Mais dans notre « examen» à nous il ne s’agit pas de donner des réponses mais de vivre de cette certitude que le Christ est ressuscité et en ressuscitant il a changé notre vie !

Comme les disciples, nous ne reconnaissons pas toujours que le Seigneur est là, au milieu de nous. Mais le Seigneur est avec nous comme il est avec ses disciples. Il nous donne le temps dont nous avons besoin pour lui laisser agir. Il nous donne le temps qu’il nous faut pour lui permettre de faire partie de notre vie. Et le résultat final, ce n’est pas une simple note, mais le résultat c’est la vie en lui, la vie qu’il nous donne pour que nous puissions devenir, par lui, un seul et même corps, témoins de son amour agissant dans le monde.

Frères et sœurs, c’est en relisant notre propre histoire et en l’éclairant par les Écritures que nous pourrons découvrir l’œuvre de Dieu pour chacun de nous ainsi que la réponse que nous avons à Lui donner. « Celui qui dit “Je le connais” et qui ne garde pas ses commandements, la vérité n’est pas en lui. Mais en celui qui garde fidèlement sa parole, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection » (1 Jn 2, 5a) écoutions-nous dans la deuxième lecture de ce jour. Demandons-Lui humblement d’éclairer nos projets et nos choix pour qu’ils soient conformes à sa Parole ; c’est ainsi que nous pourrons être les témoins de son œuvre de résurrection.

écrit par le père Léon

Homélie pour le 2ème dimanche de Pâques (11 avril 2021) par le père Léon

Comme les apôtres étaient rassemblés le soir de Pâques, nous sommes également réunis ici au nom du Seigneur. Peut-être nous sommes aussi comme les apôtres habités par la peur et l’angoisse de l’avenir. Peut-être nous sommes comme Thomas habités par le doute et la méfiance. Or c’est là, au cœur de nos peurs et de nos doutes que le Seigneur vient nous rassurer et nous apporter sa paix et sa joie.

Lorsque, en l’an 2000, le Pape Jean-Paul II a institué la fête de la Miséricorde divine, célébrée, depuis, chaque année, le 2e dimanche de Pâques, il n’y a pas eu besoin de créer un nouveau formulaire liturgique pour cette fête. Il a suffi de compléter l’intitulé de la journée : « 2e dimanche de Pâques ou de la divine Miséricorde ». Il faut dire que l’oraison du jour parlait déjà de miséricorde : « Dieu de miséricorde infinie, tu ranimes la foi de ton peuple par les célébrations pascales ; augmente en nous ta grâce… » Cela tombait bien ! Mais plus profondément encore, la Parole de Dieu et la liturgie ne cessent de nous parler de la miséricorde, puisqu’elles nous font rencontrer de façon vivante Jésus, qui est « le visage de la miséricorde du Père » , selon l’expression du Pape François. La fête de ce jour, dans la lumière de Pâques, nous conduit à en prendre conscience plus vivement.

Par sa miséricorde, Dieu vient inlassablement nous rejoindre, aussi loin de lui que nous soyons, quels que soient les enfermements dans lesquels nous nous trouvons. Les disciples en font l’expérience le soir du premier jour de la semaine, après la mort de Jésus. Par peur, ils se sont barricadés dans leur maison : ils n’ont pas suivi leur maître et ami jusqu’à la croix et maintenant, ils craignent peut-être de subir le même sort que lui. Dans le réel, ils n’ont pas été solidaires du Crucifié ; dans l’imaginaire, ils se figurent qu’ils vont devoir payer leur lien avec lui… c’est pathétique… et pourtant, notre propre cœur n’est-il pas également capable, parfois, de suive des chemins aussi tortueux ? Alors, qui fera sauter les barricades qui emprisonnent notre cœur ? ou bien qui nous donnera la clé de notre cœur, pour que nous puissions vivre et aimer en vérité ? « Jésus vint, et il était là au milieu d’eux » : voilà la seule personne qui soit capable de franchir des portes hermétiquement closes sans pour autant entrer par effraction ! Les voleurs et les violeurs, brutalement ou subtilement, entrent toujours par effraction. Dieu, lui, ne fait jamais ainsi. En fait, et c’est bien le mystère de sa miséricorde, nous avons beau nous éloigner de lui, Dieu ne s’éloigne jamais de nous, il ne quitte jamais la demeure de notre cœur. Le soir de Pâques, le Ressuscité s’éveille dans le cœur des disciples et leur offre la clé de leur propre cœur, afin qu’ils s’ouvrent à la vie nouvelle de Jésus.

Nous avons reçu la clé, mais il faut du temps pour avoir le courage de tourner cette clé dans la serrure : huit jours plus tard, les portes sont encore verrouillées ! C’est à peine croyable : il est donc possible d’avoir vu le Ressuscité, d’avoir entendu son salut de paix, d’avoir reçu le don de l’Esprit Saint, et de garder son cœur barricadé. C’est à peine croyable… comme ces disciples nous ressemblent ! Que s’est-il passé pendant les huit jours qui ont séparé les deux manifestations du Ressuscité ? Peut-être les disciples n’ont-ils pas réussi à être des relais de la miséricorde auprès d’un des membres plus fragile du groupe. C’est Thomas, qui « n’était pas avec eux quand Jésus était venu », dans tout groupe, dans les familles, voire dans les communautés, il y a toujours celle ou celui qui n’est pas là au bon moment. Il importe alors d’être auprès d’eux de bons relais de la Bonne nouvelle du salut. Au sujet de Marie-Madeleine, lorsqu’elle était revenue du tombeau, le matin de Pâques, l’évangéliste saint Jean nous avait rapporté qu’elle avait déclaré aux disciples : « J’ai vu le Seigneur et voilà ce qu’il m’a dit ». Le soir de Pâques, les disciples se contentent de dire à Thomas : « Nous avons vu le Seigneur », mais sans lui annoncer ce qu’il leur a dit. Comment pourrait-il croire sans avoir entendu ? Privé par ses frères défaillants de la proclamation de la Bonne nouvelle, Thomas dit en quelque sorte sa souffrance : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Eh bien, la miséricorde de Dieu vient toujours nous rejoindre là où nous en sommes. Le huitième jour, alors que toutes les portes sont encore barricadées, la porte du cœur de Thomas, comme celle des autres disciples, Jésus se manifeste et vient, par sa miséricorde, avec une prédilection spéciale, prendre soin de Thomas, en prenant au sérieux son cri de douleur : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant ». Pendant la dernière Cène, Jésus avait eu un geste unique de prédilection pour Judas, celui qui allait bientôt chanceler et trahir, en lui donnant la bouchée, geste de communion qu’il n’avait adressé à aucun autre. Maintenant, ressuscité, il vient toucher le membre le plus fragile du groupe, d’une manière unique, et il fait ainsi grandir toute la maisonnée.

En disant à Thomas : « Sois croyant », Jésus a libéré en son cœur le dynamisme de la foi, et Thomas, au nom de tous, peut s’écrier « Mon Seigneur et mon Dieu ! » et il en oublie de toucher la marque des clous et le côté transpercé… Jésus n’aura donc pas besoin de lui dire, comme à Marie-Madeleine : « Ne me retiens pas ! »

Inlassablement patient, Dieu vient toujours nous rejoindre là où nous en sommes et, par sa miséricorde, il nous donne d’ouvrir de l’intérieur la porte de notre cœur. Il nous appelle à être relais de sa miséricorde, car il n’est pas possible de recevoir seul le don de Dieu, comme il n’est pas possible de le garder pour soi. « Dieu de miséricorde infinie, tu ranimes la foi de ton peuple par les célébrations pascales ; augmente en nous ta grâce pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifiés, quel Esprit nous a fait renaître, et quel sang nous a rachetés ».

écrit par le père Léon

Homélie de la Vigile Pascale (04 avril 2021) par le père Léon

Chers frères et sœurs,
Cette année particulièrement dans l’aube nous sommes réunis dans cette église pour se rappeler l’histoire du salut à travers ces lectures que nous venons d’entendre.

Cette grande fresque, voilà toute la catéchèse biblique qui permet de comprendre que Jésus vient dans ce monde traversé de beaucoup de contradictions, et qu’il suit ce chemin qui mène jusqu’à cette conversion du cœur, jusqu’à ce désir à cette réalisation de la cité future ; Jésus suit le bon chemin qui mène à la Vie que nous célébrons en cette aube. Les apôtres, ils ont été nourris de toute cette histoire. Et quoi qu’ils soient complètement ébahis de la possibilité que cet homme avec lequel ils ont vécu, qui est mort sous leurs yeux, soit aujourd’hui ressuscité et vivant, ils savent interpréter tout ce qu’ils ont dans le cœur, dans l’esprit, toute la catéchèse qu’ils ont entendue et pratiquée, ils savent interpréter cela : le geste de la résurrection de Jésus est la prolongation et l’épanouissement de toute la promesse de Dieu à l’humanité telle que l’enseignement biblique le rapporte.

Alors cela s’applique à la vie des communautés chrétiennes, d’abord. Quand les communautés chrétiennes se font ce récit, depuis vingt siècles, elles se disent : rien jamais ne pourra déraciner cette bonne nouvelle dans le cœur des hommes. Les communautés chrétiennes elles ont toujours eu lieu depuis vingt siècles d’être inquiètes de leur avenir, et aujourd’hui encore, et de se dire qu’elles sont diminuées, qu’elles sont contre battues par des expériences contraires, qu’elles sont toujours proches de ne plus exister... Et pourtant l’annonce même de la résurrection de Jésus, la vie qui triomphe de la mort, jamais elles le savent, jamais elles ne pourront être privées de l’annoncer ! Elles n’ont pas à avoir peur de l’avenir, elles peuvent continuer à être témoins et missionnaires, parce que le Christ a vaincu la mort !

Cela s’applique aussi à la vie personnelle de chacun d’entre nous. Tant d’événements nous paraissent contradictoires avec notre foi : l’incroyance que nous voyons bien se développer au milieu du monde, l’indifférence et parfois le scepticisme à l’égard d’une attitude croyante qui a l’air aussi d’être si fréquente dans le monde où nous vivons, tout respect que nous ayons pour les incroyants et ceux qui sont éloignés de toutes manières de vivre dans la foi... Mais aussi les événements qui viennent contrecarrer nos vies, les souffrances diverses que nous affrontons, les peurs auxquelles nous sommes soumis, les divisions familiales, les soucis de santé, qui empêchent notre propre existence, les échecs que nous vivons dans des vies personnelles, dans des vies professionnelles, dans des engagements sociaux, tout ne marche pas comme nous le voudrions, et pourtant nous continuons de croire que le Christ qui est victorieux de la mort signifie par là que chacune de ces contradictions qui s’oppose à notre espérance, ne sont pas faites pour nous abattre définitivement, mais elles sont là, sur le chemin, et en les accueillant, en vivant avec elles, en dialoguant, nous pouvons continuer de croire, d’espérer, et de donner le témoignage de la foi dans le Christ qui a vaincu la mort.

La foi chrétienne, la foi des chrétiens est un signe, parfois fragile, parfois ténu, une petite lumière comme celle que nous venons de porter... Mais elle continue de répandre la bonne nouvelle de l’œuvre de Dieu, du travail du Christ, de la force de l’Esprit qui ne se laisse pas abattre, mais qui croit que la victoire sur la mort, elle engendre en permanence chaque jour des petites victoires dans la vie des hommes de sorte que ne s’éteigne jamais la lumière que nous avons allumée au début de cette célébration.

écrit par le père Léon

Homélie pour le 5ème dimanche de Carême (21 mars 2021) par le père Léon

Frères et sœurs,
Regardons en face la souffrance et les difficultés. Elles font partie de la vie de chacun ... et Jésus n'a pas été épargné sur ce point, car il s'est voulu solidaire des souffrants. Mais si la voix de Dieu sont inscrits au plus profond de nous‑mêmes, nous pouvons nous frayer notre propre chemin à travers nos épreuves. Un chemin de vie, celui que Jésus a choisi.

Dans l’évangile de ce jour, ces quelques grecs venus à Jérusalem en pèlerinage pour la fête de la Pâque sont comme une sorte d’avant-garde de toutes les nations qui viendront recevoir du Christ l’accomplissement des promesses de Dieu. Ils ne sont pas juifs. Peut-être même ne sont-ils pas de la catégorie que l’on appelait les « craignant-dieu ». Ils sont simplement des gens qui ont entendu parler de la religion juive, qui s’y sont intéressé, et qui viennent voir de plus près. Parmi ce qu’il y a à voir de plus près, il y a Jésus, dont ils ont sans doute entendu évoquer le nom et qu’ils souhaiteraient rencontrer. Cette demande : « nous voudrions voir Jésus » (Jn 12,21), nous pouvons l’entendre au premier degré : ils voudraient rencontrer Jésus de Nazareth dont on parle tant et qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de voir. Mais l’évangile de saint Jean nous donne immédiatement une autre interprétation, beaucoup plus large, car la réponse du Christ introduit une référence à ce qui va se passer : « l’heure est venue, c’est maintenant, où le Fils de l’homme doit être glorifié » (Jn 12,23). Il ne s’agit plus simplement de voir Jésus mais de découvrir la gloire du Messie, le Fils de l’homme.

Le Messie va être glorifié, et nous savons que les disciples, en entendant cela, peuvent encore imaginer que Jésus va manifester sa puissance. Mais ils ont déjà été préparés et prémunis contre cette tentation : « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il ne porte pas de fruit, mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12,24). « Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle » (Jn 12,25). Il faut bien comprendre que la glorification du Messie passe par sa mort dont ils vont être les témoins dans les jours qui viennent. Pour que l’épreuve qu’ils vont traverser contribue à fortifier leur lien avec le Christ et leur permettent d’entrer dans la perspective propre de Jésus, la voix qui se fait entendre comme un écho de la transfiguration que nous avons méditée à l’entrée de ce carême, dit : « je l’ai glorifié et je le glorifierai encore ». Ce vocabulaire de la glorification et de la victoire sur le mal ne renvoie pas à l’expérience de la croix. C’est précisément cela qui va être l’épreuve vécue par les disciples : le chemin de cette victoire passe par la mort de leur maître. La gloire du Christ, d’après l’évangile de saint Jean c’est son élévation de terre, c’est-à-dire sa crucifixion. Et pourtant, là où les témoins ne verront qu’un signe de malédiction, un signe de défaite, un signe d’abandon de la part de Dieu, Dieu lui-même dit : « je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore ».

Être élevé de terre, sur la croix, c’est mourir crucifié, et cette descente dans l’enfer d’une mort honteuse et injuste, Jésus en fait une montée vers un amour de plus en plus grand. C’est sa gloire. Jésus reste uni au Père qui donne la vie, même au cœur de la mort. C’est cette confiance absolue qui nous sauve. Ce mystère nous est donné à contempler à travers le grain de blé jeté en terre et dont on va admirer l’épi qui lève.

Jésus va tomber en terre et être élevé de terre pour que nous vivions. Jusqu’au bout Jésus aime, donne la vie, fait vivre. Voilà notre Dieu et sa manière d’aimer. Cette révélation sur Dieu est aussi une révélation sur l’homme : « je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore »

Si la liturgie nous invite à méditer ces phrases du Christ à quelques jours de la semaine sainte, c’est précisément pour nous permettre de comprendre de l’intérieur, les résistances spirituelles auxquelles nous allons être confrontés durant la célébration des jours saints. Quand nous entendrons le récit de la Passion du Christ, le jour du Vendredi saint, ou quand nous en suivrons les étapes dans le chemin de croix, nous serons soumis à la tentation de croire que c’est la fin, que c’est la marque de l’échec de la mission du Christ. En préparant les disciples à cette épreuve, le Seigneur veut leur faire comprendre que c’est précisément au moment où ils ont le sentiment que tout est perdu, que la puissance de Dieu va se manifester et que le Christ se lèvera d’entre les morts.

Nous comprenons à travers l’évangile de Jean, que cette vision du passage de la mort à la vie, n’est pas simplement une clef pour comprendre ce qui va arriver au Christ, mais que c’est aussi une clef pour comprendre ce qui nous arrive, à nous ! C’est ce qui se passe dans notre propre vie, car nous sommes confrontés à la mort, à la mort des autres, à notre propre mort, à l’expérience de la mort qui enténèbre l’existence humaine. Ce chemin de mort qui fait son œuvre en nous est-il vécu dans la foi en la résurrection, ou bien est-il simplement vécu comme l’échec de l’expérience humaine ? C’est pourquoi le Christ appelle ses disciples à suivre son propre chemin : celui qui veut sauver sa vie, la perd… Celui qui vient me servir et me suivre là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur (Jn 12,26).

Cet engagement auquel nous sommes invités par la liturgie des jours saints, à mettre nos pas dans les pas du Christ, est un appel non seulement à une compassion profonde par rapport à ce que vit Jésus, mais aussi un appel au don de notre vie, à le suivre, pour vivre nous aussi, dans notre chair, la mort telle qu’elle nous est imposée par la réalité, non pas comme une fin, mais comme le moment où la puissance de Dieu va pouvoir manifester sa gloire et honorer, comme nous le dit l’évangile : « celui qui sert le Christ » (Jn 12,26).

Frères et sœurs, au moment où nous allons entrer dans l’expérience de l’arrestation, du jugement, de l’exécution du Christ, nous sommes invités à mettre nos pas dans ses pas, pour que la lumière de sa résurrection transforme notre manière de vivre et nous aide à comprendre que la puissance de Dieu est plus forte que la mort.

Amen.

écrit par le père Léon

Homélie pour le 4ème dimanche de Carême (14 mars 2021) par le père Léon

Frères et sœurs,
Soyons heureux d'être ensemble en ce dimanche pour fortifier nos résolutions et nous tourner avec confiance vers le Père qui nous aime au point de nous donner un Sauveur en son Fils Jésus. Lui, la lumière née de la lumière, qu’il éclaire nos cœurs trop souvent envahis par les ténèbres du doute, de la trahison et de la séparation.

Le 4ème dimanche de carême nous introduit dans l’histoire du salut et la problématique du jugement à travers le Livre des Chroniques et dans le thème du salut comme jugement avec un extrait du dialogue entre Jésus et Nicodème en Jn 3,14-21 : « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

Le jugement et le salut semblent liés de manière inextricable tout au long de l’Ecriture. Mais de quel salut et de quel jugement parle-t-on ? Sommes-nous jugés par Dieu et sauvés sur notre foi ou par nos actes ?

Le livre des Chroniques, dans la 1ère lecture, nous fait un raccourci saisissant de tous les livres prophétiques. L’évènement central des livres prophétiques, c’est l’Exil à Babylone. Avant l’Exil, les prophètes (les messagers) invitent le peuple à se détourner de l’idolâtrie et de l’injustice pratiqués par le peuple. Ce qui était en cause, c’était bien les actes, contraires à la Loi et aux termes de l’Alliance passés avec Dieu. L’alliance conclue avec le Seigneur est un chemin de vie, s’en détourner, c’est aller vers la mort, le retour en esclavage à Babylone, la fin de tous les bienfaits que Dieu me donnait dans le cadre de l’Alliance conclue au Sinaï sous l’égide de Moïse.

Ce sont les actes du peuple et de ses chefs qui ont conduit à l’Exil et à la destruction de Jérusalem. La colère de Dieu est l’image même de ce que l’homme par ses actes et son péché peut entrainer comme conséquences. Le jugement et la colère de Dieu dans les livres prophétiques ne sont pas tant une punition divine que la conséquence du rejet de la présence de Dieu dans nos vies et le non-respect du commandement d’aimer Dieu et son prochain comme soi-même.

Mais Dieu n’abandonne jamais son peuple et malgré la mort dans laquelle il s’est précipité, il va le sauver et le ramener sur la Terre Promise par l’intermédiaire de son serviteur, Cyrus, le roi des perses.

Si le jugement est bien lié à nos actes, le salut, lui, est un don gratuit de Dieu : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Cela ne vient pas des actes. » Ep 2

La seconde lecture nous plonge dans le mystère du salut : « Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. » Le retour d’Exil, raconté dans le Livre des Chroniques, n’est pas lié à des actes de conversion ou de pénitence de la part d’un peuple esclave et privé de liberté. La conversion nécessite d’être libre de ses mouvements pour revenir à Dieu. Si je suis en prison, la libération ne peut venir que de l’extérieur, d’une grâce qui n’est pas de mon ressort. Cette grâce du salut est donnée par Dieu à son peuple de manière gratuite et sans contrepartie. Le retour d’Exil est, au cœur des Livres Prophétiques, un pur acte d’amour de la part de Dieu envers son peuple.

Le salut est un mystère car il ne relève pas de nos actes mais seulement de notre foi que l’amour de Dieu est au-delà de nos infidélités et de notre péché, au-delà du jugement.

Jésus dit à Nicodème : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. » Le serpent de bronze. Jésus fait ici allusion à un épisode qui date du temps où le peuple marchait au désert, épisode raconté dans le Livre des Nombres (21, 4-9).

Jésus a voulu être ce serpent qui dans un certain sens est symbole du péché et aussi de la punition. La croix est cela : péché et aussi de la punition. Jésus a comme force l’amour, de ce fait il a changé la signification de la croix : d’instrument de punition pour les esclaves rebellés est devenue la manifestation du plus grand amour. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ce qu’on aime »( Jn 15,13).

La croix est la manifestation plus grande de l’amour de Dieu : un amour qui provient du cœur du Père, accueilli avec reconnaissance et générosité par le cœur du fils et s’unit à tout le monde. Jésus affirme : « Dieu n’a pas envoyé son fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui ». Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive (Cf. Ez 33,11). Tous les pécheurs sont invités a avoir foi à l’infini miséricorde de Dieu, qui se manifeste dans la mort de Jésus sur le bois de la Croix. Si Jésus n’avait pas mort sur la croix, l’homme n’aurait pas su l’amour de Dieu.

« Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » Mais rien de ce qui se fait ne se serait fait, si d’abord il n’y avait ce dialogue entre le Fils Incarné et le Père, si le Père ne l’avait demandé au Fils, en lui demandant cette manifestation de leur amour pour aller aux autres, aux hommes, à nous, à moi et manifester ainsi l’amour dont Ils nous aiment. Dans ce mouvement, aucun jugement, une seule intention : manifester pleinement ce qui est l’amour qui leur a donné de nous créer, l’amour qui ne renonce pas à notre abandon, à notre perdition… l’amour qui se donne jusqu’à l’abandon… un amour véritable parce qu’il donne tout, il se donne intégralement. Cette avancée est un foyer qui éclaire et réchauffe, qui montre un chemin, indique un salut. L’amour dans son abandon montre qu’il demeure le même, que rien de la haine, de l’abandon ne peut le détruire, le faire défier. Il se manifeste comme fiable et nous rend capables de croire que cet amour est encore pour nous malgré tout ce que nous avons fait, que nous pouvons renouer avec Lui.

Frères et sœurs, dans les semaines qui restent jusqu’à Pâques, mettons nos pas dans les siens pour le suivre dans sa Passion, pour tourner nos regards vers sa croix d’où nous vient le Salut, pour nous laisser réconcilier par Dieu en faisant la vérité dans nos vies, car « Celui qui fait la vérité vient à la Lumière », comme le dit Jésus à Nicodème. Laissons la grâce divine raviver en nous la joie du Salut, joie que personne ne pourra nous ravir, car elle ne vient pas du monde ni des hommes, mais du cœur même de Dieu « qui a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle ». Amen.

écrit par le père Léon

Homélie pour le 3ème dimanche de Carême (07 mars 2021) par le père Léon

Frères et sœurs,
Depuis le mercredi des Cendres, nous avons entendu des appels très forts : « Les temps sont accomplis. Convertissez-vous et croyez à l'évangile. » Ne laissons pas passer ce temps sans réponse de notre part. Le Carême est un temps favorable pour rentrer en nous-mêmes. Il ne s'agit pas d'accomplir des performances spirituelles extraordinaires. Le plus important c'est d'accueillir le Seigneur et de lui redonner toute sa place dans notre vie.

Alors que chez les évangélistes Marc, Mathieu et Luc l’épisode des vendeurs du Temple précède de peu la condamnation de Jésus, Jean lui le place au tout début de son évangile, affirmant ainsi d’entrée de jeu que Jésus est le Temple nouveau où sera rendu à Dieu le culte véritable. Cette affirmation va marquer tout son évangile.

Ce récit chez Jean fait suite au miracle de Cana où Jésus, après avoir transformé l’eau en vin, annonce un miracle encore plus prodigieux lorsqu’il va à Jérusalem pour la fête de Pâque. Il annonce un Temple nouveau. L’état lamentable du Temple indigne Jésus au plus haut point et c’est ainsi qu’il en chasse les marchands et leurs animaux, et renverse les tables des changeurs. « Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce, s’écrit-il. » Quand on lui demande pourquoi il agit ainsi, ses auditeurs comprennent qu’il affirme pouvoir reconstruire le Temple en trois jours, alors que Jésus veut parler du sanctuaire de son corps.

L’attitude de Jésus est certes surprenante, mais elle n’est pas en contradiction avec son Évangile. Il s’agit bien sûr d’un geste de colère, mais une sainte colère, colère qui parfois nous habite devant les injustices et les iniquités, situations qui devraient toujours soulever notre indignation.

L’indignation de Jésus elle vise surtout les autorités religieuses d’Israël qui ont laissé le Temple se transformer en caverne de voleurs.

Et voilà que le Messie se tient sur l’esplanade du Temple, et par son geste prophétique il prend possession de la maison de son Père, annonçant en quelque sorte un nouvel Exode pour le peuple d’Israël et toute l’humanité tout entière. Jésus promet un Temple nouveau qui ne sera plus fait de main d’homme, mais qui sera l’œuvre du Fils de Dieu. Ces paroles de Jésus évoquent déjà le Corps du Christ d’où couleront l’eau vive du baptême et le vin nouveau de l’Eucharistie et qui donneront aux disciples du Christ d’offrir au Père un culte en esprit et en vérité, comme l’annoncera Jésus à la Samaritaine.

Cette grâce qui est annoncée ne doit toutefois pas nous faire illusion. Elle exige beaucoup des disciples puisque Jésus a donné sa vie pour nous. Saint Paul l’affirme de manière provocante et sans détour dans sa première lettre aux Corinthiens : « Alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié. » Et c’est ainsi que les disciples du crucifié seront appelés à faire leur, son destin, sa vie offerte. Voilà le culte qui sera désormais célébré dans le Temple nouveau.

« Nous proclamons un Messie crucifié ! » nous dit saint Paul. Pourquoi est-ce si important de l’affirmer, sinon que le combat de Jésus-Christ nous entraîne dans le sien. Alors que les religions du monde, se représentent toujours la divinité comme une toute-puissance invincible, la révélation chrétienne ouvre une brèche dans notre conception de Dieu.

Sans nier sa toute-puissance, voilà qu’en Jésus-Christ Dieu se tient devant nous dans tout ce que peut comporter notre fragilité humaine.

Jésus va naître dans une étable comme un pauvre, il va connaître la faim et la soif, la souffrance et l’abandon, le rejet et le mépris. Il mourra assassiné, exclu de la cité, crucifié avec des bandits. C’est avec toute cette réalité humaine, portant toujours les plaies vives de sa passion, que le Seigneur Jésus-Christ se tiendra debout et victorieux au matin de Pâques.

Comment comprendre ce que Paul appelle aussi la « folie de la croix », si ce n’est qu’en Jésus nous contemplons le visage d’un Dieu fou d’amour, qui déjoue toutes nos représentations les plus enfantines de la divinité pour nous dévoiler un Dieu qui est Amour, et qui n’est que cela. En Jésus-Christ nous faisons l’expérience que l’amour est véritablement accompli que lorsqu’il va jusqu’au bout de lui-même. C’est cet amour qui s’est manifesté à nos yeux d’hommes afin d’assumer une vie humaine sans compter, et ainsi ouvrir en nous des sources secrètes que seul Jésus pouvait libérer et ainsi nous donner accès à notre pleine stature d’hommes et de femmes créés à l’image de Dieu.

« Nous proclamons un Messie crucifié ! » Un Messie qui est Dieu et qui se fait homme pour nous sauver, pour nous redonner notre dignité perdue. Qui étend les bras vers tous ceux et celles qui ont soif de bonheur, et qui vient à nous revêtant les habits du mendiant quémandant notre amour. Il se fait pauvre avec les pauvres que nous sommes, afin que nous devenions riches avec lui. Mais pour cela, il nous faut nous tenir tout près de sa croix.

Frères et sœurs, Jésus nous révèle que le vrai Temple de la présence de Dieu, c’est son corps. Par l’Incarnation du Verbe, Dieu a manifesté sa présence en notre humanité. Ce véritable Temple, non construit de mains d’homme, ne sera pas détruit comme le Temple de pierre. Il sera rebâti en trois jours.

Par cette venue du Fils de Dieu en notre humanité, notre corps devient à son tour véritable Temple de la présence de Dieu par le don de l’Esprit Saint promis par Jésus à ses apôtres.

L’amour de Dieu ne se mérite pas, il n’a pas besoin de sacrifice. Le seul sacrifice qui plaît à Dieu c’est le sacrifice d’action de grâce, celui que Jésus offre à son Père sur la croix en notre nom.

A la messe, c’est ce sacrifice d’amour qui est rendu présent. Eucharistie veut dire action de grâce. Le sacrifice d’amour du Christ est offert en action de grâce. C’est bien ce sacrifice d’action de grâce que nous célébrons et auquel nous participons en offrant notre vie au Père avec le Christ.

Notre corps devient un lieu sacré : aussi pas de cupidité, pas de débauche, pas de méchanceté ni de pulsion de mort. Ce sont là tous ces marchands du Temple qui encombrent notre parvis et notre vie. Chassons-les, nous aussi. Laissons entrer en nous la vie et l’amour.

« Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle. »

écrit par le père Léon

Homélie pour le 2ème dimanche de Carême (28 février 2021) par le père Léon

Frères et soeurs,
La parole du Christ nous oblige à changer de regard et de comportement... C'est le commencement de la conversion. Aujourd’hui, c’est Dieu lui-même qui nous invite à nous mettre à l’écoute de son Fils. Nous arrivons avec nos préoccupations, les joies et les peines de nos vies, et nous invités à prendre de la hauteur, non pas pour oublier ce qui fait nos vies, mais que Dieu lui-même vienne les illuminer, les éclairer.

En ce 2ème dimanche du Carême, nous n’oublions pas l’appel qui nous était adressé le mercredi des Cendres : « Revenez à moi de tout votre cœur. » Chaque chrétien doit prendre le carême au sérieux. C’est le Seigneur qui nous appelle à un véritable retournement. Nous allons à lui tels que nous sommes, avec nos blessures, notre péché. Dans le sacrement du pardon et celui de l’Eucharistie, le Seigneur est là pour nous accueillir, nous nourrir et nous redonner la joie d’être pardonnés. C’est ainsi pourrons progresser dans notre marche vers Pâques.

Aujourd’hui, nous avons écouté un merveilleux texte de la Transfiguration. Jésus prend avec lui quelques disciples et se rendre au mont Tabor où il leur révèle la splendeur de sa gloire divine. Il a choisi une poignée de disciples, trois au total (Pierre, Jacques et Jean) qui sont les plus proches, ses amis de cœur, ceux qui lui font le plus confiance.

Jésus se révèle sur une haute montagne en compagnie amicale. Le lieu a brusquement changé. Nous ne sommes plus au désert comme le dimanche dernier où le maître était seul combattant pied à pied l’Adversaire. Il sort de la solitude en s’ouvrant à l’amitié des fils de Dieu.

A la découverte de la splendeur, de la manifestation de la divinité, de l’avant-goût de la gloire future, l’apôtre Pierre au nom des autres dit : « Maître, il est bon que nous demeurions ici ». Pierre veut rester sur la montagne. Il propose sur le champ de construire trois tentes, une pour Jésus, une pour Moïse et une pour Elie. C’est le signe que ces trois personnages importants de l’histoire biblique sont présents à cette rencontre inédite. Pierre est émerveillé par cette beauté extraordinaire et ne veut plus descendre de la montagne. Il ne veut plus rompre avec cette vision, cette splendeur. Mais cela n’est pas possible. L’évangéliste souligne que Pierre était si épouvantée qu’il ne savait que dire. Il note aussi que l’apôtre avait peur. En réalité ce n’était pas la peur au sens propre du mot mais la peur qui prend la créature en face des manifestations divines. Cette expérience était importante pour les apôtres avant l’affrontement de la Passion que subira le Maître.

Le seigneur sait nous renforcer à affronter les épreuves de la vie même si nous n’arrivons souvent pas à les surmonter convenablement. Il est là à nos côtés, nous invite à monter au mont Tabor, à la montagne de la prière. Au milieu des occupations quotidiennes, familiales et professionnelles, le chrétien ne doit pas oublier d’escalader la montagne du Seigneur pour puiser la force et la lumière divine. Sans cette ascension du Mont-Thabor, la vie devient difficile à vivre et on ne parvient pas à porter quotidiennement sa croix derrière le divin Maître. Or il nous dit : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » . Prendre sa croix à la suite du Christ est aussi monté avec lui sur la montagne pour prier. La prière est importante dans la vie du chrétien.

Vivre le Carême, c’est gravir la montagne et se mettre à l’écoute de Jésus. On n’y parvient pas tout de suite. Il faut de la patience et du courage. Il faut monter pour contempler les choses. Gravir la montagne c’est prendre le temps de l’écoute, c’est se réserver chaque jour du temps pour la prière. Si nous ne gravissons pas cette montagne avec Jésus, nous manquerons quelque chose d’absolument essentiel. Il est urgent que nous mettions le Christ au centre de notre vie.

L'Evangile d'aujourd'hui nous dit également que la gloire passe par la Croix (qui veut réussir sa vie demain doit consentir à d’énormes sacrifices aujourd’hui. Inutile de se coucher sur un lit douillet à espérer un Dieu-Provident). Qui veut aller au ciel doit passer par la Croix. Tout le monde veut aller au ciel, mais peu sont prêts à aller à travers le mystère de la Passion. Le mystère de la Croix était déjà préfiguré dans l'Ancien Testament (cf. 1ère Lecture). Dieu dit à Abraham: « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes [...] et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai » (Genèse 22.2). La suite du récit biblique nous montre qu’Abraham avait obéi à la voix de Dieu et était sur le point de sacrifier son fils Isaac lorsque l'ange du Seigneur l'arrêta et lui indiqua le bélier à sacrifier en lieu et place d’Isaac. Ce sacrifice préfigure le sacrifice de Jésus sur le Calvaire. Lui, véritable Fils unique du Père, descendant d'Abraham selon la chair, a été véritablement sacrifié sur le bois de la Croix.

Mais, la croix n’est qu’une étape sur le chemin de la résurrection, comme le sacrifice d’Abraham n’est qu’une étape vers la terre promise et la descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer.

Le récit de la Transfiguration est un récit de résurrection qui révèle qu’en Jésus s’accomplit tout l’Ancien Testament. A la résurrection, ce sont la Loi (Moïse) et les prophètes (Elie) qui vont témoigner de ce qui vient de s’accomplir. Être transfiguré, c’est être ressuscité avec le Christ, dans l’histoire sainte, seuls Moïse et Elie ont connus cette transfiguration avant Jésus, lui-même. La transfiguration annonce que tous ceux qui, comme Moïse et Elie, ont rencontré le Christ dans leur vie, sont appelés à ressusciter avec lui, car il nous a tout donné. Ceux qui ont rencontré le Christ, ceux qui ont accepté d’être offerts en sacrifice, comme Isaac, ce sont les baptisés. Au baptême, la voix était déjà là pour nous dire : « Celui-ci est mon Fils bien aimé. » A notre baptême, cette même voix était là pour nous accueillir. La transfiguration est l’état de vie de tout baptisé. Le temps du carême est là pour nous aider à en prendre conscience, à retrouver cette lumière intérieure que nous avons reçue au baptême. Dans ce temps de carême, laissons-nous transfigurer par le Christ et offrons autour de nous ce visage de ressuscité que Dieu nous a donné en donnant sa vie pour nous. Amen.

écrit par le père Léon

Homélie pour le 6e dimanche du temps ordinaire (14 février 2021) par le père Léon

Le livre de Job est un cri qui traverse les siècles : celui de l’homme déchiré dans son corps et dans son âme, celui de l’humanité aux prises avec le malheur et les questions sans réponses. Dans nos hôpitaux, dans l’angoisse et la solitude des mourants, dans la misère des lieux de la faim et de la soif, dans la violence de nos guerres et de nos barbaries …. Partout où quelqu’un souffre, certains d’entre nous pourraient redire ces mots, ces cris de souffrances, sans en changer une ligne.

L’Evangile de ce jour, nous rappelle combien la situation des lépreux était dramatique au temps de Jésus. En raison de leur maladie, on les considérait comme des impurs…Les croyances de l’époque faisaient d’eux des pécheurs qu’ils n’étaient d’ailleurs pas forcément. Et toujours en raison de leur maladie, ils étaient considérés comme un danger dont il fallait absolument se protéger. De fait, ils vivaient à l’écart des communautés, à l’écart de leurs propres familles.

La conséquence la plus grave de la maladie, c’est qu’elle isole. La mère repousse son fils qui veut l’embrasser car elle craint de le contaminer, le cancéreux reste dans son lit à mendier silencieusement la présence de ceux qui veulent bien faire l’effort de se déplacer jusqu’à lui, les époux n’osent plus s’unir parce qu’ils ont peur de se donner la mort. Lorsqu’elle prend un individu dans les mailles de son filet, la maladie le détruit dans son corps ou dans son esprit en même temps que dans son rapport aux autres. Elle le coupe de la communauté humaine et c’est souvent son symptôme le plus douloureux. Qu’elle soit contagieuse ou non, une maladie est toujours un peu une mise en quarantaine mais c’est particulièrement vrai de la lèpre et c’est la raison pour laquelle cette maladie est l’image du péché.

En effet, la conséquence la plus grave du mal n’est pas tant de nous faire contracter une impureté ou de nous rendre imparfaits, elle est de nous mettre à l’écart de nos frères et sœurs. Notre mal porte avec lui l’incapacité de continuer à aimer et être aimé. Le fruit le plus terrible du péché, c’est l’isolement. Notre mal élève une barrière entre nous et l’autre et nous rend de moins en moins capable d’être en communion avec lui.

Cela est évident des péchés qui concernent directement notre rapport à l’autre : le mensonge pervertit le dialogue et l’empêche de porter du fruit dans la relation, la colère fait fuir les autres loin de l’irascible, la jalousie rend haïssable. Mais c’est aussi vrai des péchés que l’on commet dans le secret. L’orgueilleux se contemple dans le miroir jusqu’à en oublier comment regarder les autres et comment se laisser regarder. L’avare se referme sur ses possessions, tout tourné vers son bien, ne sachant pas le recevoir comme un don, il devient incapable de le donner, son argent n’est plus un moyen d’échange et il perd ainsi la plus grande des possessions qui ne s’achète ni ne s’emmagasine : l’amour reçu et donné. Il ne suffit pas de souhaiter sortir de cette prison de solitude pour en briser les barreaux. Il ne suffit pas de souhaiter pardonner pour pardonner et de désirer être humble pour s’arrêter d’être orgueilleux. Seul le Christ couronne nos efforts de succès en brisant les liens du mal, en sortant l’homme de l’isolement et en retissant les liens qui nous unissent les uns aux autres.

C’est ce qu’il fait en guérissant le lépreux. Il ne le guérit pas simplement d’une impureté individuelle mais il lui donne de retrouver sa place dans une famille et un peuple. C’est pourquoi il lui dit : Va te montrer au prêtre. Le prêtre n’opère pas le miracle, mais il constate que Dieu a guéri. Le prêtre juif avait en effet l’autorité pour reconnaître la guérison et permettre au lépreux de retourner dans la communauté de laquelle il avait été exclu par sa maladie. Le prêtre agit comme un frère aux côtés de l’ancien lépreux, louant avec lui le Seigneur qui a rendu la santé.

Le lépreux a parlé des “prouesses” médicales de Jésus : est-il vraiment entré dans la vocation de Jésus qui est de guérir les cœurs du péché ? Jésus pourra atteindre le cœur des pécheurs lorsqu’il ne se montrera plus tout-puissant mais rempli d’amour jusque pour ses bourreaux. C’est bien ainsi que le comprendra le bon larron. Les miracles de Jésus ne sont pas des preuves pour croire. Ils sont là pour manifester qui est Celui qui les opère ; quelle est sa vraie mission, quelle autorité et quel pouvoir l’habitent.

Un quelqu’un dit : « Je n’aime pas qu’on mette en avant les guérisons miraculeuses obtenues grâce à des prières, même si je m’en réjouis et remercie le Seigneur. Car que dire à ceux qui, ayant prié, ne sont pas exaucés ? »

En faisant la publicité de ces faits, on risque de les blesser, et d’oublier que la vraie guérison profonde, intérieure, exigeante, est celle qui nous met en relation totale avec Dieu et tous nos frères. En cela, le lépreux a fait erreur : par son témoignage et la désobéissance à la demande de Jésus, ne l’a-t-il pas fait exclure des villes en le forçant à rester « dehors dans les lieux déserts » ?

Lorsque nous parlons de notre foi, gardons-nous de présenter ces ”miracles” d’aujourd’hui de façon “utilitaire” “performante” et si nous pouvons en témoigner, c’est davantage pour révéler la foi de ceux qui ont été guéris ou de leur entourage, comme l’évangile le racontait dans la guérison du paralytique à Capharnaüm (Mc 2, 1-12). Sinon, nous pourrions à notre tour exclure, sans le vouloir bien sûr, des personnes ou leur entourage restées dehors, parce que non exaucées, contrairement aux miraculés.

Seigneur, donne-nous de bien comprendre ta mission, Toi qui es venu nous guérir de nos péchés de jugement et d’exclusion. Aide-nous à purifier nos relations envers Toi et envers les autres et qu’elles deviennent contagieuses d’amour vrai, désintéressé et engagé.

écrit par le père Léon

Homélie pour 5ème dimanche du temps ordinaire (7 février 2021) par le père Léon

Depuis l’ouverture de la célébration, l’invitation à l’adoration de Dieu nous est lancée. Nous devons adorer Dieu parce que sa grâce est notre unique espoir. Dans la première lecture, nous avons entendu Job crier sa souffrance : « Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée (…) Souviens-toi, Seigneur : ma vie n’est qu’un souffle ; mes yeux ne verront plus le bonheur.» Job manifeste sa plainte d’homme accablé par la souffrance : « Je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube ». La prière de Job est une lamentation où se mêlent la douleur, le doute, l’accusation, l’ironie et la révolte. Job ne sait que dire et redire sa souffrance, physique, psychologique et morale. Job, c’est l’homme de douleur, celui que nous sommes tous, plus ou moins, un jour où l’autre.

Le livre de Job est un cri qui traverse les siècles : celui de l’homme déchiré dans son corps et dans son âme, celui de l’humanité aux prises avec le malheur et les questions sans réponses. Dans nos hôpitaux, dans l’angoisse et la solitude des mourants, dans la misère des lieux de la faim et de la soif, dans la violence de nos guerres et de nos barbaries …. Partout où quelqu’un souffre, certains d’entre nous pourraient redire ces mots, ces cris de souffrances, sans en changer une ligne.

Le livre de Job ne donne pas d’explication au problème de la souffrance. L’auteur du livre de Job nous indique le chemin : ne pas retenir nos cris, mais garder confiance et tenir fort la main de Dieu, car il est avec nous toujours. Au cœur de sa douleur, Job n’a pas rompu sa relation avec Dieu. Il a voulu à tout prix entrer en dialogue avec Dieu. C’est la présence de Dieu à nos côtés qu’il faut expérimenter quoi qu’il arrive.

Cette présence de Dieu auprès des plus petits et de ceux qui souffrent est une grande découverte de l’Ancien Testament : désormais l’homme n’est plus seul face aux difficultés et, pour certains, aux cruautés de l’existence. Les meilleures informations sur les causes de nos souffrances ne nous avancent, au fond, pas beaucoup. Ce qui doit surtout nous préoccuper, c'est comment nous pourrons en être délivrés, et pour cela, l'essentiel est de savoir et de croire que nous sommes dans la main puissante, sage et bienfaisante du Créateur.

ui, Dieu a fait mieux encore. Le Créateur-Dieu ne s'est pas borné à nous donner une réponse encourageante à nos problèmes. Dieu est venu lui-même, en la personne de son Fils, se charger de nos douleurs et en même temps de nos péchés, afin de nous en libérer : « On amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons(…) il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. » Les malades sont attirés par Jésus mais sont-ils prêts pour la foi ? Jésus qui est venu pour chercher l’humanité, accueille ceux qui viennent à lui et qui le reconnaissent comme leur Libérateur et Sauveur. L’Evangile est une annonce qui guérit et sauve.

C’est pour cela, l’amour de Dieu, manifesté en Jésus est l’unique réponse possible au mystère du mal. Pourquoi cela ?Dieu et le mal. Dieu n’a pas voulu effacer le mal et la souffrance du monde. Il ne le fallait pas car le respect de notre liberté et de notre responsabilité faisait partie du contrat lors de la création. Mais, pour nous sauver et nous montrer son amour infini, il a envoyé son Fils. Jésus-Christ est l’image vivante, l’icône, de la miséricorde du Père, qui nous annonce l’Evangile.

L’Evangile est la bonne nouvelle que Jésus vient à la rencontre de ceux qui souffrent. Tous ceux qui souffrent doivent savoir que Jésus est avec eux, qu’il est là pour les aider dans leur souffrance. Il s’emploie à consoler les affligés, à aider les malades et à relever tous ceux qui sont tombés. Saint Marc fait référence au premier miracle accompli par Jésus lorsqu’il est entré dans la maison de Simon et d’André, les deux premiers apôtres. Il guérit la belle-mère de Simon qui était fiévreuse. Lorsque la chose vient à se savoir, de nombreux malades et possédés sont amenés à Jésus. Jésus, avec une attention infatigable, se met au service de ces malades, de ces possédés. Il soigne un grand nombre de maladies et chasse beaucoup de démons.

Cependant il ne permet pas à ces derniers de parler, de révéler qui Il est vraiment. Jésus ne veut pas que se manifeste immédiatement sa dignité de Fils de Dieu et de Messie. Il veut que son ministère s’accomplisse dans l’humilité, il ne cherche pas un succès humain.

Jésus n’est pas venu pour expliquer la souffrance mais l’habiter par sa présence. Le Christ nous libère du mal pour nous rendre capables d’aimer en servant. A la croix du Calvaire, nous avons la réponse définitive au problème de la souffrance humaine. Jésus est venu pour mettre fin à la puissance du mal. C’est pourquoi Le Psaume nous invite à la louange de Dieu : « Bénissons le Seigneur qui guérit nos blessures ! »

Jésus vient nous conquérir par l’amour, par le service, par la miséricorde, et non pas par le pouvoir ou la violence. Il est le Bon Berger qui se met au service de ses brebis pour les garder, les guérir, les nourrir et les faire entrer dans la vraie vie.

Ensuite, la mission de Jésus était toujours vécue dans la prière. Avant toute action missionnaire, Jésus s’isole en présence de Dieu pour se ressourcer dans la prière. « Le lendemain, bien avant l’aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait » (Mc 1,35). Comme cela, Jésus est pour nous un modèle. Il trouve, en toutes circonstances, du temps pour prier. La prière est un besoin pour son cœur. Jésus veut être en contact avec le Père. Il recherche la solitude chaque fois qu’il le peut pour l’invoquer, pour dialoguer avec lui et vivre en sa présence.

La prière doit aussi pour nous être un besoin. Il n’est pas possible de nous appeler amis de quelqu’un que nous ne connaissons pas, que ne voyons presque jamais, ou avec qui nous ne parlons que pour lui demander des faveurs. Un ami cherche à être le plus souvent possible auprès de son ami, à partager tout avec lui, les joies et les tristesses, à lui faire plaisir tant qu’il peut. L’amitié crée l’unité, l’unité des cœurs.

Dans sa première Lettre aux Corinthiens, Paul nous dit très fort que la prédication de l’Evangile est une charge, une mission, une vocation et non un métier. Un apôtre, un prophète, par hypothèse, est toujours un homme pour les autres : celui qui communique le Christ aux autres. Que le Christ nous aide à vivre nos différentes missions sous son regard pour sa plus grande gloire et pour le Salut de nos frères : « Seigneur notre Dieu, ton Fils est passé parmi nous en faisant le bien : il guérissait les malades et proclamait la Bonne Nouvelle. Il savait aussi se retirer dans la solitude pour te prier. Accueille notre prière avec la sienne, car il est seul à te prier comme il faut. Lui qui règne pour les siècles et des siècles. Amen ! »

écrit par le père Léon

Homélie pour 4ème dimanche du temps ordinaire (31 janvier 2021) par le père Léon

Frères est sœurs,
Nous avons le privilège ici d’entendre Jésus nous dire des paroles qui relèvent, qui mobilisent qui remettent debout. Cette eucharistie nous offre une bouffé d’espérance et nous rappelle combien nous sommes aimés de Dieu.

« Frères, j’aimerais vous voir libre de tout souci. », Saint Paul a la solution miracle pour nous libérer des soucis de ce monde : il ne faut pas se marier !

La semaine dernière, il nous conseillait déjà de vivre comme si nous n’avions ni mari, ni femme. Cette parole de Paul est Parole de Dieu et s’il en est un qui a bien compris le Christ, c’est bien Paul. Alors, comment recevoir sa parole d’aujourd’hui ?

C’est bien la question qui se pose à nous à l’écoute des textes de ce jour : « Ecouterez-vous sa parole, ne fermez pas votre cœur ». Le Deutéronome nous l’avait annoncé : « Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur Dieu fera se lever un prophète comme moi et vous l’écouterez. » et « si quelqu’un n’écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, moi-même je lui en demanderai compte. »

Moïse, Paul sont des prophètes pour l’Eglise, ce ne sont pas des scribes qui enseignent sans autorité. Jésus se distingue justement dans l’évangile de ce jour parce qu’il parle avec autorité, c’est-à-dire qu’elle agit dans la transformation du monde où elle est prononcée.

Faut-il donc renvoyer sa femme ou son mari ?

La Parole de Dieu est inspirée et nous devons l’écouter pour conduire notre vie, mais cette parole, dans toute l’Ecriture, s’adresse à des hommes et à des femmes libres. La première condition pour écouter la Parole et la recevoir est bien d’être libre. Cette liberté implique que je ne suis pas un esclave mais bien que j’ai à faire appel à mon cœur de croyant pour accueillir cette parole et discerner en quoi elle vient transformer ma vie.

Notre grand défaut c’est que souvent nous prenons cette parole en bloc ou que nous la rejetons en bloc, alors même qu’elle est dialogue entre Dieu et nous. Il faut lapider la femme adultère, alors lapidons la ! Car nous écoutons la parole du Seigneur. Ou bien ne la lapidons pas ! Car nous trouvons que c’est barbare.

Jésus ne fonctionne pas comme cela. Il ne remet pas en cause la Loi mais il questionne ses interlocuteurs et entre en dialogue avec la Loi : « que celui qui n’a jamais péché, lui jette la première pierre. »

Jésus agit en homme libre face à la Loi et à la Parole de Dieu, une parole qui vient libérer l’homme et non le perdre. L’écoute de la parole de Dieu fait appel, dans notre liberté, à la l’intelligence du cœur et au discernement au regard du contexte où cette parole est prononcée.

Toute parole de l’Ecriture est vraie et doit être reçue comme parole révélée qui doit nous guider dans un chemin qui nous fait grandir en sagesse et en sainteté. Suis-je plus sage et saint si je lapide une femme ? On peut en douter ! Mais le fait que l’adultère est un chemin de mort est bien au cœur de la Loi et Jésus ne remet pas en question ceci.

Il faut donc écouter la voix du Seigneur mais bien comme des hommes libres, avec l’intelligence du cœur, et en étant conscients que tout n’est pas du même niveau.

Il faut réapprendre parfois que l’écoute est le premier pas du dialogue entre l’homme et Dieu dans la prière. Alors écoutons la voix du Seigneur, oui, mais dans le dialogue que Dieu instaure ainsi avec nous.

Dans l’évangile de ce jour, nous écoutons le mot Autorité. Voilà certainement, le mot-clé de ce passage de l’Évangile. Par deux fois, Marc souligne que Jésus enseigne « avec autorité », mais en un sens qui va plus loin encore. Car les paroles de Jésus ne sont pas seulement crédibles, elles sont efficaces. Aujourd’hui, il interpelle, démasque et chasse un démon : « Tais-toi! Sors de cet homme ». Ailleurs, il guérit : « je le veux, sois purifié ».

Est-ce si surprenant ? N’oublions pas que Jésus est le Verbe du Père, qu’il est Dieu. Le récit de la création, au début du livre de la Genèse, nous donne à entendre la parole créatrice de Dieu : « Dieu dit : créons ceci ou cela, les êtres vivants et l’homme à notre image, et ceci et cela furent créés?». Le Psaume (33, 9) proclame cette puissance de la parole de Dieu : « Il parle et cela est, il commande et cela existe». Lui-même le rappelle par la voix du prophète Isaïe : «la parole qui sort de ma bouche ne me revient pas sans résultat, sans avoir fait ce que je voulais et réussi sa mission» (55, 11). La parole de Dieu, lorsqu’elle est proférée, est d’une efficacité divine, et il n’y a rien d’étonnant à ce que la parole de Jésus, qui est la Parole, le Verbe fait chair, soit revêtue de cette efficacité. Sa grande parabole sur le Semeur qui sème la parole sur tous les terrains l’exprime bien à sa façon (Mt 13, 3-9; 18-23). Aucun de nous n’a jamais vu un semeur gaspiller sa semence en la semant sur des ronces ou un sol pierreux. Si Jésus agit ainsi avec sa propre parole, c’est qu’elle est assez puissante pour changer ces mauvais sols en une bonne terre où elle pourra croître et fructifier.

Les paroles de Jésus sont efficaces, elles réalisent ce qu’elles signifient parce qu’il est Dieu. Et s’il laisse voir l’efficacité de sa parole par ses effets extérieurs : guérisons, exorcismes et autres miracles…, c’est pour nous aider à croire en l’efficacité de sa parole qui guérit du péché. L’épisode de la guérison du paralysé de Capharnaüm, qui suit de peu celui d’aujourd’hui, nous le fait comprendre explicitement. « Qu’est ce qui est le plus facile ? De dire au paralysé : tes péchés te sont remis, ou bien de dire : lève-toi, prends ton brancard et marche ? Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l’ordonne, dit-il au paralysé, lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi » (Mc 2, 9-11) .

Les paroles du Christ aujourd’hui sont-elles aussi efficaces qu’hier ? Si souvent, cependant, nous en doutons. Et nous en doutons dès que nous ne croyons plus qu’elles puissent être efficaces sur nous, dès que nous sommes convaincus que nous ne changerons jamais. Si souvent nous pensons en nous-mêmes que nous ne pouvons pas devenir meilleurs. Or, quand le Christ nous parle, il crée, il nous guérit, il nous transforme. Voilà des siècles que l’on dit du prêtre que, lorsqu’il consacre le pain et le vin, ou lorsqu’il absout celui qui vient de reconnaître sa faute, il agit in persona Christi : dans la personne même du Christ. C’est-à-dire que c’est le Christ lui-même qui opère par les paroles prononcées par son ministre. Quand le prêtre prononce les paroles de la consécration, le Christ change le pain et le vin en son Corps et en son Sang, comme lors de la Cène. Lorsque le prêtre prononce les paroles de l’absolution, le Christ pardonne les fautes, comme à Capharnaüm, pas moins.

La pratique des sacrements, et très spécialement celle de la communion eucharistique et du pardon reçu pour les fautes remises transforment notre cœur en profondeur, très au-delà de ce que nous en percevons, et même s’il n’y a pas de démon à chasser.

La Vierge Marie nous donne à voir une expression exceptionnelle de cette puissance de la parole du Christ dans une vie humaine. Elle est celle qui a su accueillir la parole de Dieu et se laisser transformer par elle. Jésus le dira, dans des mots qui peuvent surprendre : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » (Lc 8, 21). Elle a laissé la parole de Dieu prendre chair en elle jusqu’à ce que le Verbe lui-même, par l’action de l’Esprit-Saint, prenne chair en elle. La Vierge Marie nous montre jusqu’où l’efficacité de la parole de Dieu peut aller.

C’est ce à quoi le Christ nous invite aujourd’hui. En écoutant sa parole, en communiant au Verbe fait chair dans l’Eucharistie, il veut nous transformer, nous recréer, pour que nous soyons toujours davantage à son image. Mais croyons-nous vraiment que la parole de Dieu est vivante et efficace (He 4, 12) ? « Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur »

écrit par le père Léon

Homélie pour 2ème dimanche du temps ordinaire (17 janvier 2021) par le père Léon

Frères est sœurs,
Si nous sommes réunis aujourd'hui pour célébrer Jésus-Christ ressuscité, c'est parce que quelqu'un, un jour, nous a permis de le rencontrer, de répondre à son appel. À notre tour, nous devons le faire découvrir à ceux qui ne le connaissent pas encore. Par nos paroles, par nos actes, notre façon de vivre, soyons les témoins du Christ qui nous fait vivre.

Aujourd’hui nous commençons le parcours des dimanches du Temps ordinaire qui nous fera, semaine après semaine, accompagner Jésus, dans sa vie et son ministère public. A travers l’évangile de saint Marc, nous suivrons Jésus pour entendre à nouveau son enseignement et redécouvrir les gestes qu’il a faits et les signes qu’il a donnés. Avant d’entrer dans ce long récit, la liturgie de ce jour, à travers l’évangile de Saint Jean, veut nous aider à adopter une attitude première, qui nous permettre d’entrer dans la relation avec le Christ, d’accueillir ce qu’il dit et de nous attacher à sa personne.

Cette démarche pour fonder ou refonder notre relation au Christ est engagée quand Jean-Baptiste désigne Jésus à ses disciples en leur disant : « Voici l’Agneau de Dieu » (Jn 1, 36). Ceci nous fait comprendre une première chose : on ne découvre pas Dieu tout seul. C’est d’ailleurs ce que la première lecture du livre de Samuel nous annonçait. On peut désirer rencontrer Dieu et le chercher de toutes sortes de façons. Ce qui nous atteint et ce que nous entendons peut nous donner le sentiment d’un appel et peut rejoindre notre désir de donner un sens et une lumière à notre vie.

Mais tout cela restera inopérant si nous n’apprenons pas petit à petit à interpréter ces événements et ces paroles, et à comprendre qu’à travers eux, nous ne sommes pas dans une sorte de rêve (comme pouvait le croire le jeune Samuel), mais devant une parole qui vient de Dieu.

Pour le jeune Samuel, le prêtre Élie va être celui qui l’aidera à comprendre le sens des mots qu’il a entendus. Dans son sommeil, il a été appelé par son nom et croit que c’est Élie qui a besoin de lui. A trois reprises, il se lève et va vers le vieux prêtre. Celui-ci comprend alors que Samuel ne rêve pas, mais que la parole qu’il entend vient de la part de Dieu. Élie lui explique alors comment y répondre, en disant : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » (1 S 3, 9).

Il faut bien que nous soyons aidés pour reconnaître sa présence. Nous avons besoin de cette première initiation qui nous éclaire sur le sens de ces événements et de ces paroles. Quelqu’un doit nous guider (nous tenir par la main) pour nous introduire dans la relation avec Dieu et nous dire : « Tu diras : Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ».

Cette aide qui nous introduit à la rencontre avec Dieu, nous la recevons dans notre vie en Église, à travers la célébration de l’Eucharistie, dans le partage de la Parole de Dieu en groupe, dans nos vies d’équipes chrétiennes, ou, pour les enfants et les jeunes, dans leurs rencontres du catéchisme et de l’aumônerie. Cette aide, nous la recevons de la part de ceux que le Seigneur a placé parmi nous comme pasteurs pour guider son peuple ; c’est le ministère des prêtres.

Dans l’Évangile de saint Jean, c’est Jean-Baptiste qui remplit ce rôle. Il est venu en avant de Jésus pour préparer l’accueil du Messie d’Israël. Il a rassemblé des disciples autour de lui. Il a été témoin d’un signe de Dieu au moment du baptême de Jésus.

C’est pourquoi, lorsque Jésus passe, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu » (Jn 1, 36).

La transmission de la vie et de la foi se fait dans des rencontres. André et son compagnon suivent Jésus qui se retourne et leur demande : « Que cherchez-vous ? » Pas facile de répondre car il s’agit de dire son désir le plus profond et nous ne sommes pas toujours au clair entre nos besoins multiples et notre désir de suivre quelqu’un… « Rabbi, où demeures-tu ? » Quelle est ta maison ? Quelle est ta passion ? Ce dialogue est exemplaire : chacun parle à l’autre de l’autre et non de soi, chacun s’offre au désir de l’autre. Ces deux hommes se mettent à la disposition de ce Jésus qui s’est mis à leur disposition. « Venez et vous verrez» . L’insistance et la répétition du mot “demeurer” invite à regarder de près comment Jésus en parle : « Comme mon Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous observez mes commandements vous demeurerez dans mon amour, comme moi en observant les commandements de mon Père, je demeure dans son amour. » (Jn 15, 10)

Au fond, la question des disciples n’est pas banale mais indique la perspective centrale de l’Évangile : « Où habites-tu ? Dans l’amour de mon Père et là où est mon Père, je veux que vous soyez vous aussi » . Les disciples font l’expérience de cet amour à partir de 16 h de l’après-midi, avec devant eux une grande soirée. Mais c’est le début d’une longue série de jours, jusqu’au dernier jour où nous verrons « le ciel ouvert » qui est la demeure définitive de Jésus et de ceux qui croient en lui. On peut alors poursuivre la méditation des rencontres en nous demandant si vraiment la « demeure » du Seigneur est la nôtre.

Puis, quand on a rencontré le Seigneur et entendu son appel, plus rien ne peut être comme avant. C’est ce que rappelle l’apôtre saint Paul aux Corinthiens, dans la seconde lecture. Il dénonce les divisions et les abus qui existent dans la communauté :

« Frères, le corps n’est pas pour la débauche, il est pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps… Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps » . Notre rencontre avec le Christ doit être le point de départ d’une vie entièrement nouvelle. Nous chrétiens, nous pouvons être éprouvés par toutes sortes de tentations. Mais le Seigneur est là ; il ne cesse de nous appeler et de nous donner la grâce pour pouvoir le suivre. Comme Samuel, nous sommes invités à écouter sa parole et à nous laisser guider par lui.

« Que cherchez-vous ? » avait demandé Jésus à ses deux premiers disciples.

La même question nous est posée à tous aujourd’hui : que cherchons-nous ? C’est vrai que, bien souvent, nous ne cherchons pas du bon côté. Maintes fois nous nous engageons sur des chemins qui ne sont pas les chemins de Dieu. Mais le Seigneur est toujours là pour nous dire : « Venez et vous verrez ! » . Ce que vous verrez dépasse tout ce que vous pouvez imaginer. Comme les premiers disciples, nous sommes invités à entendre cet appel de Jésus et à demeurer avec lui. En l’écoutant, nous découvrirons que ses paroles sont celles de la Vie éternelle.

Amen.

écrit par le père Léon

Homélie pour le Baptême du Seigneur (10 janvier 2021) par le père Léon

La joie qui est née de la Nativité du Sauveur trouve aujourd’hui son accomplissement dans cette fête du Baptême du Seigneur.

Le temps liturgique de Noël qui se clôture avec la fête du Baptême de Jésus nous a fait méditer et contempler le mystère de l’Incarnation, lequel révèle que notre destin a désormais le visage de cet Enfant de la crèche en qui Dieu nous a manifesté la plénitude de son Amour. Visage du nouveau-né qui n’a pas trouvé sa place dans l’hôtellerie de Bethléem, visage de l’exilé fuyant la colère d’Hérode, visage de l’immigré en terre étrangère, visage du jeune nazaréen accompagnant ses parents à Jérusalem pour la fête de la Pâque, avant de « descendre » avec eux à Nazareth, et, aujourd’hui, visage du Fils bien-aimé qui « descend » dans les eaux du Jourdain pour y recevoir le baptême de celui qui n’est pas digne de s’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.

Toute sa vie, Jésus n’a fait que « descendre ». Lui qui est Dieu, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort. Il est même « descendu aux enfers », comme le dit le Credo, pour signifier qu’il est allé au plus profond de l’abîme chercher ceux qui étaient perdus – Adam et Eve et leur descendance. Le Mystère du Baptême signifie cette même descente ; en hébreu, le mot « Jourdain » ne signifie-t-il pas « le descendeur » ! Là, dans ces eaux qui descendent depuis le Mont Hermon jusqu’à la mer morte, il descend lui-même, s’identifiant aux pécheurs qui viennent recevoir un baptême de conversion – lui qui est sans péché et qui n’a pas besoin de conversion. Mais pourquoi Jésus se fait-il baptiser ?

Faut-il le rappeler, le Fils de Dieu, en se faisant homme, assume pleinement notre condition humaine. Il la prend sur lui avec son poids de péché et il marche avec nous. Il se fait solidaire de tous ceux qui se présentent à Jean-Baptiste en quête de pardon. Son baptême est l’expression de son amour pour nous, un amour qui se donnera jusqu’à la mort. Par ce baptême qu’il reçoit, Jésus nous prend sur ses épaules, comme il a pris sa croix, comme le berger prend sur lui la brebis blessée. Il prend sur lui nos péchés et il se fait baptiser avec tout le peuple, solidaire de lui, solidaire de nous.

Par ailleurs, ce qui se produit au baptême de Jésus est une anticipation de notre propre baptême dans le Christ. Chacun et chacune de nous avons été marqué par le don de l’Esprit Saint à notre baptême et, depuis ce jour, jusqu’à notre entrée dans l’éternité de Dieu, se fait entendre cette voix intérieure qui nous dit : « Tu es ma fille bien aimée, tu es mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour. »

Être fils de Dieu, ce n’est pas simplement avoir reçu une étiquette extérieure, c’est entrer dans une manière d’être structurée par l’amour de Dieu. Être fils de Dieu, c’est accomplir ses commandements, c’est écouter sa parole, c’est mettre en pratique ce que nous entendons et par-dessus tout, accueillir - comme nous y invite si souvent l’évangile et les épîtres de Jean - chacun et chacune de nos contemporains comme d’autres enfants de Dieu, même s’ils ne se reconnaissent pas enfants de Dieu, même s’ils n’imaginent pas que cela puisse signifier quelque chose. Pour nous, cela veut dire quelque chose, et donc nous avons, de par notre identité d’enfant de Dieu, un devoir, un objectif, une façon d’être, qui nous transforment dans notre manière d’être nous-mêmes, et dans notre manière d’être avec les autres.

Comment pouvons-nous nous prétendre enfants de Dieu si nous n’essayons pas par tous les moyens dont nous disposons de soumettre notre vie aux commandements de l’amour ? De mettre en pratique la loi que nous avons reçue, de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés, et de mettre en pratique cet amour, cette miséricorde de Dieu dans nos relations avec les autres ? On ne peut pas être enfant de Dieu et vivre dans l’indifférence ! On ne peut pas être enfant de Dieu et se détourner des pauvres ! On ne peut pas être enfant de Dieu et fermer les yeux sur les injustices du monde ! On ne peut pas être enfant de Dieu et ne pas travailler à l’établissement de la paix !

Ainsi, enfants de Dieu nous le sommes, enfants de Dieu nous sommes invités à le devenir chaque jour davantage par notre manière d’être, par notre manière de vivre, par notre manière d’entrer en relation avec les autres.

Frères et sœurs, en ce jour, au Fils bien aimé du Père la grâce de la sainteté pour l’Église, pour le corps entier de l’Église. Et cela commence par chacun d’entre nous. Que chaque baptisé puisse, avec l’aide de la grâce, vivre dans une harmonie véritable avec l’enseignement de l’Évangile pour la joie du Père, pour la joie de chacun des enfants du Père. Qu’est-ce qui rend plus heureux que de vivre dans l’amour du Père, et dans l’amour de ses frères ? Prions aussi pour que cette joie qui habite le cœur des chrétiens puisse être donnée à tous ceux et à toutes celles qui cherchent Dieu et qui le découvriront grâce à la sainteté des disciples.

Réjouissons-nous pour la grâce baptismale que nous avons reçue et apprenons, avec l’aide de cette grâce, avec l’aide du Ciel, à partager notre joie de croire.

« Tu es mon Fils bien-aimé; en toi, je trouve ma joie »

Amen.

écrit par le père Léon

Homélie pour l’Epiphanie (3 janvier 2021) par le père Léon

Frères et sœurs,
L’Enfant de Noël a réveillé notre foi et resserré nos liens durant ces fêtes... Mais voici l'autre face de Noël : l'épiphanie, la manifestation du Christ au monde : l'Enfant-Roi s'offre à TOUS pour que tous s'offrent à lui. Apprenons à reconnaître Jésus et osons témoigner de notre espérance : c'est lui notre Roi ; c'est lui la lumière du monde.

Le mot Épiphanie ἐπιφάνεια en grec, désigne la manifestation de Dieu aux hommes en la personne de Jésus-Christ, et plus précisément, sa venue dans le monde en un temps historique donné. En Grèce, cette fête porte le nom de Θεοφάνια : la théophanie, qui signifie la manifestation de Dieu (Θέος, Théos) qui s’est fait homme en Jésus. C’est le sens profond de la fête de l’Épiphanie qui, avec l’évocation des mages venus d’Orient, rappelle également la dimension universelle du message évangélique.

L’Épiphanie fait partie du cycle des manifestations du Christ en ses premiers temps. Ces manifestations ont commencé par la Nativité, elles se poursuivent par l’Épiphanie que nous fêtons aujourd’hui, elles se continuent par le baptême du Christ où le Seigneur va être manifesté comme le Messie, le Fils bien-aimé du Père. Dans ce cycle de manifestations, l’Épiphanie joue un rôle très particulier. Dans la nuit de la Nativité, les bergers ont été conduits par la voix de l’Ange vers le nouveau-né emmailloté dans une mangeoire, et nous savons que, dans le langage biblique, la voix de l’Ange, c’est la voix de Dieu. C’est Dieu lui-même qui appelle des membres de son peuple et qui les conduit à venir reconnaître le Messie dans l’enfant nouveau-né.

Dans la première lecture, le prophète Isaïe nous annonce une bonne nouvelle. Son message s’adresse au long cortège des déportés qui rentre d’exil. Jérusalem peut se relever. La gloire du Seigneur s’est levée sur cette ville. Dès le chapitre premier, on voit Dieu s’est adressé à elle en lui disant : Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. C’est aussi ce message que nous trouvons chez saint Paul dans sa lettre aux Éphésiens : toutes les nations sont associées au même héritage… Donc, c’est la possibilité offerte à l’humanité entière d’avoir part au salut. Tous les hommes, quels qu’ils soient, sont appelés à entrer dans l’Église de la nouvelle alliance scellée en Jésus. L’Évangile nous parle des mages venus d’Orient qui ont fait route jusqu’à Bethléem guidés par la lumière d’une étoile. Quand ils découvrent l’enfant Jésus dans l’étable, ils s’agenouillent devant lui en signe de respect et lui offrent de l’or, de la myrrhe et de l’encens. L’histoire des Mages, rapportée par l’Évangile, montre magnifiquement combien cette quête de Dieu est de tous les temps. Même s’il faut remonter au VIe siècle pour apprendre que ces rois se seraient appelés Melchior, Gaspard et Balthazar, que l’un était blanc, l’autre jaune et l’autre noir, qu’ils représentaient les trois âges de la vie.

L’essentiel n’est pas dans les détails que la légende a ajoutés avec le temps, mais dans le grand message que saint Matthieu veut nous communiquer, à savoir que tous les peuples, de toutes races, que tous les hommes, de tous âges et de toutes conditions sont invités à la suite des mages à chercher Dieu, sans oublier que c’est Dieu qui, le premier, cherche l’homme !

Dieu fait le premier pas. Peut-être a-t-on tendance à oublier que, dans l’histoire des Mages, le premier qui a «bougé », c’est Dieu! Le sens de l’étoile est tout entier dans cette évidence: c’est toujours Dieu qui a l’initiative. Il y a d’abord l’intervention de Dieu qui lance un appel à l’homme. C’est un appel intérieur puissant qui a jeté les Mages sur la route de l’aventure et de l’inconnu, et non une sorte de curiosité : « Allons voir ce que signifie ce météore! ».

Dieu appelle le premier, parce que, c’est lui qui aime le premier. « Nous aimons, dit saint Jean, parce que Dieu lui- même nous a aimés le premier ». En un mot, Dieu s’offre à nous. Il nous crie : « Aimez-moi et vous m’aurez en vous. » Dieu vient au-devant de nous : « Voici que je me tiens à la porte et je frappe, si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper; moi près de lui et lui près de moi »(Ap 3, 20).

Dieu appelle tous les hommes. Si Dieu s’est engagé envers un peuple précis, ce n’était pas pour négliger les autres. Pas question de races : Dieu n’est pas xénophobe. Pas question de classes : Dieu n’est pas pour les riches, ni exclusivement pour les pauvres. Pas question même de sainteté : Dieu appelle les pécheurs et les saints. Tous les hommes peuvent trouver leur place.

La conséquence s’impose : nous avons d’abord à prendre conscience que notre désir de trouver Dieu, notre soif d’absolu, ne viennent pas de nous : « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire. » (Jn 6, 44)

Quand les Mages arrivent à l’entrée de Jérusalem, l’étoile disparaît, ils posent alors à Hérode puis aux prêtres une question capitale : « Où est le roi des juifs qui vient de naître? »

« Où es-tu, Seigneur ? » Les Mages t’ont trouvé sous les traits d’un enfant. Peut-être devons-nous te chercher tout simplement sous les traits des plus faibles, des pauvres, de ceux qui ont besoin d’amour.

« Où es-tu, Seigneur ? » Élie t’avait trouvé non pas dans la tempête mais dans la brise. Dieu se cherche et se trouve dans le silence. Dans la prière qui est d’abord écoute.

« Où es-tu, Seigneur ? » Peut-être va-t-on le chercher trop loin. Et voilà pourquoi nous passons sans le voir. Il est présent en nous même de nos péchés, par ce remords qui nous taraude.

« Où es-tu, Seigneur ? » Les Mages t’ont trouvé à Bethléem qui signifie la «maison du pain ». Et là, ils t’ont trouvé réellement. Nous pouvons avoir la certitude de te trouver réellement, nous aussi, dans le pain eucharistique.

Frères et sœurs, ce Dieu qui conduit l'univers tout entier, qui a guidé les Mages jusqu'à Bethléem, ce Dieu veut aussi guider nos vies, parce qu'il nous aime, et qu'il sait que nous avons besoin de son aide. Aujourd'hui, quand il vient à notre rencontre dans la Sainte Communion, promettons-lui avec un nouvel élan que, comme les Mages, nous le suivrons avec joie partout où il voudra nous conduire. Car avec Jésus, nous serons conduits vers de nobles buts, et nous ne nous égarerons jamais. Même au milieu des plus grandes ténèbres, nous trouverons le chemin.

« Nous avons vu son étoile, à l’orient, et nous sommes venus adorer le Seigneur.»

écrit par le père Léon

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